Marche pour Quentin à Lyon : saluts nazis et chants racistes malgré 3 200 participants calmes

La marche en hommage à Quentin Deranque a rassemblé 3 200 personnes samedi à Lyon. Malgré un déroulement globalement pacifique, des saluts nazis et des insultes racistes ont été filmés dans le cortège. La préfète du Rhône a immédiatement signalé ces faits au procureur. Le maire Grégory Doucet dénonce "des actes contraires aux valeurs de Lyon, capitale de la Résistance". Macron annonce une réunion sur les "groupes d'action violente".

© La marche en hommage à Quentin Deranque a rassemblé 3 200 personnes samedi 21 février à Lyon. Malgré un déroulement globalement pacifique, des saluts nazis et des insultes racistes ("À bas les bougnoules", insultes homophobes) ont été filmés dans le cortège. La préfète du Rhône a signalé ces faits au procureur. Le maire Grégory Doucet dénonce "des actes contraires aux valeurs de Lyon, capitale de la Résistance". Emmanuel Macron a convoqué une réunion lundi sur les "groupes d'action violente". Crédit : Réseaux sociaux / France 3 Régions

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EN BREF — Marche hommage Quentin samedi 21 février : 3 200 participants. Cortège globalement calme mais débordements documentés : saluts nazis, chants racistes (« À bas les bougnoules », insultes homophobes). Service d’ordre intervient pour stopper. Préfète signale au procureur. Grégory Doucet demande identification auteurs. Macron convoque réunion lundi sur groupes violents.

Une marche sous haute surveillance

3 200 participants dans les rues de Lyon

Samedi 21 février, la marche en hommage à Quentin Deranque s’est élancée à 16h dans le VIIe arrondissement de Lyon. En effet, selon la préfecture, 3 200 personnes ont participé au cortège. Par ailleurs, l’organisatrice Aliette Espieux, militante anti-avortement proche de l’ultradroite lyonnaise, évoque 3 500 participants. Ainsi, le rassemblement a défilé pendant deux heures jusqu’au lieu où le jeune militant avait été frappé à mort.

Des centaines de policiers et des drones ont été déployés pour encadrer la manifestation. En effet, les autorités redoutaient des affrontements avec des contre-manifestants. Néanmoins, aucun incident majeur avec l’extérieur n’a été signalé. Par ailleurs, un homme a été interpellé pour port d’arme. De plus, la sécurité des lieux sensibles comme un bar LGBT ou une mosquée avait été renforcée.

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Des débordements filmés et signalés

Malgré les appels au calme des organisateurs, plusieurs incidents ont été documentés sur les réseaux sociaux. En effet, des journalistes ont filmé des saluts nazis réalisés dans les premiers rangs du cortège. Par ailleurs, des cris racistes ont été entendus : « À bas les bougnoules ! Les PD ! ». Ainsi, un membre du service d’ordre a tenté de faire taire ces cris en disant : « Les gars, y’a les caméras ! ».

Le service d’ordre du cortège est intervenu immédiatement pour recadrer les auteurs de saluts nazis. Néanmoins, ces images ont largement circulé sur les réseaux sociaux. En conséquence, la préfète du Rhône Juliette Bossart-Trignat a signalé au procureur « tous les gestes et propos répréhensibles détectés ». Par ailleurs, la préfecture a confirmé avoir procédé à un signalement regroupant saluts nazis et propos racistes.

Les réactions politiques et institutionnelles

Grégory Doucet dénonce des « actes abjects »

Le maire de Lyon Grégory Doucet, qui avait réclamé l’interdiction de la marche, a vivement réagi. En effet, il dénonce : « Des saluts nazis, des insultes racistes et homophobes ont été scandées en plein cœur de notre ville. » Par ailleurs, il rappelle que « ces actes sont contraires aux valeurs humanistes de Lyon, capitale de la Résistance ». Ainsi, il affirme collaborer pour que « chaque auteur soit identifié ».

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Néanmoins, l’organisatrice Aliette Espieux conteste sur BFMTV : « Il y a eu zéro débordement. » Par ailleurs, elle affirme sur X : « On voit des personnes applaudir, vous parlez de saluts nazis. Je savais déjà que vous n’aviez pas d’intelligence, je vous sais maintenant dépourvu d’âme. » En conséquence, une polémique éclate sur l’interprétation des gestes filmés.

Macron convoque une réunion sur les groupes violents

Le président Emmanuel Macron a annoncé qu’une réunion avec le gouvernement serait consacrée lundi aux « groupes d’action violente ». En effet, cette réunion intervient dans un contexte de tension extrême après la mort de Quentin. Par ailleurs, le coordinateur LFI Manuel Bompard s’interroge : « Comment le ministre de l’Intérieur a pu autoriser une manifestation dans laquelle on fait des saluts nazis et scande des slogans homophobes ? ».

Néanmoins, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait décidé de ne pas interdire la manifestation. En effet, il estimait qu’une interdiction aurait pu provoquer des violences encore plus graves. Par ailleurs, il comptait sur le dispositif policier pour prévenir les débordements. Ainsi, la préfecture avait encadré strictement le parcours et interdit drapeaux et symboles de partis.

Un cortège qui révèle les fractures françaises

Au-delà des débordements, la composition du cortège illustre les tensions politiques françaises. En effet, les militantes du collectif identitaire Némésis ont participé à la marche. Par ailleurs, des participants ont scandé : « Antifas assassins, LFI complice ». Ainsi, la manifestation s’est transformée en tribune politique malgré les consignes initiales.

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Néanmoins, aucun candidat ni personnalité politique majeure n’a participé à la marche. En effet, Jean-Michel Aulas, candidat aux municipales de Lyon, avait annoncé ne pas s’y rendre. Par ailleurs, le RN et Reconquête sont restés en retrait. En conséquence, l’organisatrice Aliette Espieux a déclaré : « Je les laisse avec leur conscience. »

La soirée s’est déroulée sans nouveaux incidents. Néanmoins, cette journée révèle les profondes fractures qui traversent la société française. Ainsi, la mort de Quentin devient un symbole instrumentalisé par les extrêmes. En conséquence, le risque d’escalade de la violence politique inquiète les autorités et la société civile.

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