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- Un accès illégitim de plusieurs semaines au fichier FICOBA
- L’usurpation des identifiants d’un fonctionnaire
- Une détection tardive qui interroge
- Quelles données ont été compromises et quels risques ?
- Des informations suffisantes pour des fraudes ciblées
- Comment se protéger après cette fuite ?
- Surveillance accrue de vos comptes
- Bloquer les prélèvements frauduleux
- La France, « très mauvaise élève » en cybersécurité
EN BREF — Piratage du fichier FICOBA révélé mercredi 18 février. 1,2 million de comptes concernés. Données volées : IBAN, identité, adresse, identifiant fiscal. Accès illégitimes depuis fin janvier 2026. Usurpation identifiants fonctionnaire. Plainte déposée. Victimes prévenues individuellement. Risque de fraude par prélèvement SEPA.
Un accès illégitim de plusieurs semaines au fichier FICOBA
L’usurpation des identifiants d’un fonctionnaire
Le ministère de l’Économie a révélé mercredi 18 février qu’un acteur malveillant a piraté le fichier national des comptes bancaires (FICOBA). En effet, le cybercriminel a usurpé les identifiants d’un fonctionnaire disposant d’accès dans le cadre des échanges d’information entre ministères. Ainsi, il a pu consulter et extraire des données pendant plusieurs semaines à partir de fin janvier 2026.
Le FICOBA recense l’ensemble des 300 millions de comptes bancaires ouverts en France. Par conséquent, ce fichier contient des données extrêmement sensibles : coordonnées bancaires (RIB/IBAN), identité complète du titulaire, adresse postale et, dans certains cas, l’identifiant fiscal. Néanmoins, le pirate n’a pas eu accès aux soldes des comptes ni à la possibilité d’effectuer des virements directs.
Une détection tardive qui interroge
Les investigations menées par la Direction générale des Finances publiques ont permis d’identifier ces accès illégitimes. En effet, dès la détection de l’incident, des mesures de restriction d’accès ont été mises en œuvre. Par ailleurs, les autorités affirment avoir stoppé l’attaque et limité l’ampleur des données consultées. Néanmoins, plusieurs semaines se sont écoulées avant la détection, ce qui soulève des questions sur les dispositifs de surveillance.
Quelles données ont été compromises et quels risques ?
Des informations suffisantes pour des fraudes ciblées
Même si les soldes n’ont pas été consultés, les données volées restent dangereuses. En effet, avec un IBAN, une identité et une adresse cohérents, les cybercriminels peuvent mettre en place des mandats de prélèvement SEPA frauduleux. Ainsi, ils peuvent souscrire des abonnements ou des services à votre insu.
Par ailleurs, ces informations facilitent le phishing ou hameçonnage. En effet, un fraudeur qui vous appelle en se faisant passer pour votre banque et qui connaît votre IBAN exact paraîtra beaucoup plus crédible. De plus, les cybercriminels pourraient utiliser ces données pour des usurpations d’identité ou contracter des crédits à votre nom.
Comment se protéger après cette fuite ?
Surveillance accrue de vos comptes
Les personnes concernées recevront dans les prochains jours une communication de la DGFiP les alertant sur la fuite. En effet, les établissements bancaires sont également informés pour sensibiliser leurs clients. Néanmoins, ne attendez pas : vérifiez dès maintenant vos comptes.
La Fédération bancaire française recommande de se connecter au moins une fois par semaine à votre espace bancaire. Ainsi, vérifiez attentivement tous les prélèvements. Par ailleurs, contestez immédiatement toute opération suspecte, au plus tard dans les 13 mois suivant le débit. Enfin, ne communiquez jamais vos identifiants, même à quelqu’un qui se présente comme votre conseiller.
Bloquer les prélèvements frauduleux
Certaines banques permettent de créer une « liste blanche » de créanciers autorisés. Ainsi, tout prélèvement extérieur sera automatiquement rejeté. Par ailleurs, vous pouvez créer une « liste noire » pour bloquer des créanciers identifiés comme frauduleux. Néanmoins, ces démarches nécessitent souvent un contact avec votre conseiller.
En cas de doute sérieux, certaines banques offrent la possibilité de désactiver temporairement les prélèvements depuis votre espace client. De plus, activez les notifications en temps réel pour être alerté de toute opération.
La France, « très mauvaise élève » en cybersécurité
Les experts en cybersécurité tirent la sonnette d’alarme. En effet, Clément Domingo, hacker éthique, déclare : « Depuis deux ans, il ne se passe pas une semaine sans qu’on entende parler d’une nouvelle fuite en France ». Par ailleurs, 17 600 cyberattaques ont été enregistrées en 2025, soit une hausse de 4% par rapport à 2024.
Benoit Grünemwald, expert cyber, rappelle qu’il s’agit avant tout d’une « faille organisationnelle, et non technique ». En effet, l’authentification multifacteur aurait dû être obligatoire pour des comptes accédant à des données aussi sensibles. Par conséquent, les institutions doivent urgemment renforcer leurs protocoles de sécurité. Ainsi, la France doit rattraper son retard face à des cybercriminels de plus en plus sophistiqués.