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EN BREF — Quentin, 23 ans, est décédé samedi des suites de ses blessures. L’agression s’était produite jeudi soir en marge d’une conférence de Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Le parquet enquête pour coups mortels aggravés. Macron demande que les auteurs soient condamnés.
Le décès confirmé samedi par le parquet
Le parquet de Lyon a annoncé samedi soir à l’AFP le décès de Quentin. L’étudiant de 23 ans recevait des soins à l’hôpital Édouard-Herriot depuis jeudi soir. Vendredi, les médecins l’avaient déclaré en mort cérébrale, comme Revolution Magazine l’avait rapporté.
« L’enquête se poursuit », a précisé le parquet. Désormais, elle porte sur « des coups mortels aggravés, en plus des violences aggravées de réunion, d’usage d’arme, et de mis en cause dont le visage est dissimulé ».
Jeudi vers 19h40, les secours avaient découvert Quentin gravement blessé quai Fulchiron dans le 5e arrondissement. Il avait perdu connaissance et présentait une hémorragie cérébrale.
La famille dénonce un « meurtre »
Appel au calme malgré le drame
Maître Fabien Rajon, avocat de la famille, a publié un communiqué samedi. « La famille souhaite dénoncer en conscience non seulement des violences aggravées, mais un meurtre visiblement commis en bande organisée », a-t-il déclaré.
Néanmoins, la famille de Quentin a appelé « au calme et à la retenue ». Elle fait confiance aux enquêteurs pour que « les responsables de sa mort soient rapidement interpellés ».
Un étudiant sans antécédent
L’avocat a précisé que « Quentin n’était ni agent de sécurité, ni membre d’un quelconque service d’ordre ». Il n’avait « aucun antécédent judiciaire ». Étudiant en mathématiques, il pratiquait le tennis et la philosophie. En outre, il s’investissait dans la chorale de sa paroisse.
Macron : « En République, on ne tue pas »
Le président Emmanuel Macron a réagi samedi soir. « J’ai une pensée pour Quentin, sa famille et ses proches dans cette épreuve terrible », a-t-il écrit. Il a lancé un appel « au calme, à la retenue et au respect ».
« Ces faits constituent un crime », a ajouté le chef de l’État. « En République, aucune cause, aucune idéologie ne justifieront jamais que l’on tue. » Par conséquent, il a souhaité que la justice condamne « les auteurs de cette ignominie ».
Le contexte de l’agression
Une conférence de Rima Hassan
Les faits se sont produits en marge d’une conférence de l’eurodéputée insoumise Rima Hassan jeudi après-midi à Sciences Po Lyon. Vers 17h40, des militantes du collectif identitaire Némésis avaient déployé une banderole devant l’établissement.
Une première altercation avait eu lieu à ce moment-là. Néanmoins, c’est deux heures plus tard et à deux kilomètres de là que les secours ont découvert Quentin grièvement blessé.
Des accusations croisées
Le collectif Némésis affirme avoir reconnu certains agresseurs présumés. Il cite notamment un collaborateur du député LFI Raphaël Arnault. Par ailleurs, le collectif accuse « une quarantaine de militants armés de la Jeune Garde ».
De son côté, La France insoumise « condamne avec la plus grande fermeté toute violence physique ». Son coordinateur Manuel Bompard a précisé que « contrairement à ce que certains veulent faire croire, à aucun moment Rima Hassan ou les équipes de La France insoumise n’ont eu de contact » avec les auteurs présumés.
Les réactions politiques
Marine Le Pen a appelé à considérer comme « terroristes » les « milices d’extrême gauche ». Bruno Retailleau a dénoncé « un tabassage à mort » par « des militants d’ultra gauche ».
Le maire de Lyon, Grégory Doucet, a condamné « avec la plus grande fermeté » l’agression. Il a apporté son « plein soutien à la victime et à sa famille ». D’ailleurs, il a annoncé que « la Ville de Lyon est à disposition de la Justice ».
À ce stade, la police n’a annoncé aucune interpellation officielle. L’enquête mobilise la direction interdépartementale de la police nationale sous l’autorité du parquet de Lyon.