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- Le bilan des inondations au Népal continue de s’alourdir
- Plus de 800 personnes toujours recherchées
- Un mur d’eau, de pierres et de boue a dévalé la vallée
- Le niveau de l’eau aurait gagné neuf mètres en 30 minutes
- Un glacier serait à l’origine de la catastrophe
- Une gigantesque avalanche de glace et de roche
- Des routes et des ponts rayés de la carte
- Les hélicoptères deviennent indispensables aux secours
- Une deuxième crue reste redoutée
- Les habitants proches des rivières appelés à partir
Le bilan des inondations au Népal continue de s’alourdir
En quelques heures, une partie du nord du Népal a été transformée en immense coulée de boue.
Jeudi 27 août à 14 h 30, heure locale, la police népalaise annonçait avoir retrouvé 289 corps dans les zones touchées par la catastrophe. Les victimes ont été découvertes dans plusieurs districts traversés par les eaux, notamment Chitwan, Nawalparasi East, Dhading, Gorkha, Rasuwa et Nuwakot.
Le bilan reste provisoire. Quelques heures plus tôt, les autorités faisaient encore état de 162 puis de 270 morts, donnant une idée de la vitesse à laquelle les équipes de secours découvrent de nouvelles victimes.
Des centaines de personnes restent par ailleurs introuvables.
Plus de 800 personnes toujours recherchées
Les autorités népalaises recensaient au moins 826 personnes sans nouvelles au cours de la journée de jeudi. Parmi elles figurent des habitants, des militaires, des policiers et de nombreux touristes.
La catastrophe prend également une dimension internationale. Le Nepal Tourism Board indiquait que 517 ressortissants étrangers provenant de 33 pays étaient portés disparus. Des touristes indiens, américains, ukrainiens, malaisiens, britanniques, australiens et canadiens figurent notamment parmi eux.
Une partie se trouvait dans la région pour des treks ou pour rejoindre le mont Kailash, un important lieu de pèlerinage situé au Tibet.
Un mur d’eau, de pierres et de boue a dévalé la vallée
La catastrophe a commencé mercredi matin dans le district montagneux de Rasuwa, près de la frontière entre le Népal et le Tibet.
Vers 9 heures, le niveau de la Bhote Koshi a brutalement augmenté. Une gigantesque masse d’eau chargée de pierres, de glace et de sédiments a ensuite dévalé la vallée avant de rejoindre la rivière Trishuli.
Les images filmées sur place montrent des maisons disparaître dans des torrents marron en quelques secondes. Des véhicules, des ponts et des bâtiments entiers ont également été emportés.
Le niveau de l’eau aurait gagné neuf mètres en 30 minutes
La vitesse du phénomène explique en grande partie son bilan.
Selon les premières observations scientifiques, le niveau de la Trishuli à Galchhi aurait augmenté d’environ neuf mètres en seulement trente minutes. À Malekhu, la hausse aurait atteint sept mètres sur une durée comparable.
Dans ces conditions, les populations situées en aval disposaient de très peu de temps pour comprendre ce qui se produisait et rejoindre les hauteurs.
Plusieurs stations automatiques destinées à mesurer le niveau des rivières ont elles-mêmes été détruites par la crue, compliquant encore le suivi du phénomène.
Un glacier serait à l’origine de la catastrophe
Les premières heures ont été marquées par une certaine confusion.
Des capteurs avaient enregistré un important signal sismique et l’hypothèse d’un tremblement de terre avait été évoquée. Les analyses réalisées par la suite indiquent cependant qu’il ne s’agissait probablement pas d’un séisme à l’origine de la catastrophe.
Une gigantesque avalanche de glace et de roche
Les scientifiques soupçonnent désormais l’effondrement d’une importante masse de glace et de roche en haute montagne.
Cette avalanche aurait plongé dans la Lende Khola, un affluent de la Bhote Koshi. L’arrivée brutale de millions de tonnes de matériaux aurait provoqué ou amplifié une énorme vague contenant de l’eau, de la boue et des blocs rocheux.
Le phénomène s’est ensuite propagé sur plus de 100 kilomètres en aval.
Les scientifiques continuent toutefois leurs analyses. Le rôle exact de la fonte des glaciers, des températures récentes et de la stabilité des pentes himalayennes doit encore être déterminé.
Des routes et des ponts rayés de la carte
Le bilan humain n’est qu’une partie des dégâts.
La crue a détruit des habitations, des infrastructures électriques et plusieurs installations hydroélectriques. Au moins 40 kilomètres de routes et de nombreux ponts ont été endommagés ou entièrement emportés.
Certaines communautés se retrouvent désormais difficilement accessibles par voie terrestre.
Les hélicoptères deviennent indispensables aux secours
L’armée et les forces de sécurité népalaises utilisent des hélicoptères pour évacuer des blessés et atteindre les secteurs isolés.
Les opérations restent particulièrement difficiles. Les équipes doivent progresser au milieu de la boue, des bâtiments effondrés et des routes coupées, tandis que certaines communications restent perturbées.
Plusieurs pays ont commencé à proposer une aide au Népal. Des secours et du matériel humanitaire sont progressivement envoyés vers les zones touchées.
Une deuxième crue reste redoutée
Alors que les recherches se poursuivent, une autre inquiétude mobilise les autorités.
Des débris auraient créé un barrage naturel sur une rivière en amont. L’eau pourrait s’y accumuler avant de rompre brutalement l’obstacle.
Les habitants proches des rivières appelés à partir
Des évacuations préventives ont été ordonnées dans plusieurs secteurs exposés.
Le risque de glissements de terrain reste également élevé dans ces vallées escarpées. Les pluies de mousson peuvent fragiliser davantage les pentes déjà déstabilisées par l’effondrement initial.
Les scientifiques soulignent par ailleurs la vulnérabilité croissante de l’Himalaya. La hausse des températures accélère la fonte des glaciers et modifie la stabilité de certaines masses de glace et de roche. Il reste cependant trop tôt pour attribuer directement cette catastrophe précise au changement climatique.
Pour les centaines de familles qui attendent encore des nouvelles d’un proche, l’urgence est ailleurs. Les recherches se poursuivent le long des rivières et jusque très loin en aval. Avec plus de 800 personnes toujours portées disparues, le bilan des inondations au Népal pourrait malheureusement continuer de s’alourdir dans les prochaines heures.