Consulter Masquer le sommaire
- Mehdi Laribi interpellé après plusieurs années de fuite
- Une « cible prioritaire » pour la justice française
- Des accusations particulièrement lourdes dans l’enquête Octopus
- Plus de 1 000 gendarmes mobilisés en mars
- Une arrestation qui ne garantit pas une extradition
- L’Algérie pourrait elle-même engager des poursuites
- Un coup dur symbolique pour la DZ Mafia
Mehdi Laribi interpellé après plusieurs années de fuite
L’arrestation constitue une avancée importante pour les enquêteurs marseillais. Mehdi Laribi, Franco-Algérien originaire de Marseille, a été interpellé le 20 juillet en Algérie en application d’un mandat délivré dans le cadre de l’enquête « Octopus ». Dès le lendemain, la justice algérienne l’a placé sous contrôle judiciaire.
Il reste donc à la disposition de la justice algérienne, mais n’est pas détenu. Pour les autorités françaises, l’enjeu consiste désormais à obtenir les suites judiciaires nécessaires afin qu’il puisse répondre aux accusations formulées à Marseille.
Une « cible prioritaire » pour la justice française
Le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, a salué cette interpellation et remercié les autorités algériennes pour leur coopération. Il a présenté le suspect comme une cible prioritaire dans la lutte contre la drogue et la criminalité organisée.
Mehdi Laribi est décrit par les enquêteurs comme l’un des fondateurs et dirigeants présumés de la DZ Mafia. Cette organisation née à Marseille aurait progressivement étendu ses activités au-delà des points de vente de stupéfiants, grâce à différents relais en France et à l’étranger.
Ces affirmations restent celles de l’accusation. À ce stade, Mehdi Laribi bénéficie de la présomption d’innocence.
Des accusations particulièrement lourdes dans l’enquête Octopus
Le mandat français a été délivré dans le cadre de l’opération « Octopus », conduite par la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille. La procédure porte notamment sur la direction présumée d’un groupement ayant pour objet le trafic de stupéfiants, des infractions à la législation sur les drogues, l’association de malfaiteurs et le blanchiment.
La première qualification est la plus lourde. Selon le parquet de Marseille, elle peut être punie de la réclusion criminelle à perpétuité. La justice cherche désormais à déterminer le rôle exact que Mehdi Laribi aurait joué dans la structuration, le financement et le pilotage du réseau.
Plus de 1 000 gendarmes mobilisés en mars
L’enquête « Octopus » avait déjà provoqué un coup de filet spectaculaire le 9 mars 2026. Plus de 1 000 militaires avaient été mobilisés dans plusieurs départements. Une quarantaine de personnes avaient été interpellées ou extraites de prison, et 26 avaient ensuite été présentées à un magistrat.
Les investigations décrivent une organisation composée de dirigeants présumés, de lieutenants, de gérants de points de deal, de logisticiens, de prête-noms et de blanchisseurs. Les gendarmes soupçonnent également certains cadres d’avoir continué à donner des instructions depuis leur cellule.
Des biens immobiliers, des véhicules, des armes, de l’argent liquide et des cryptomonnaies avaient été saisis. La valeur totale des avoirs appréhendés pendant l’opération dépassait quatre millions d’euros.
Une arrestation qui ne garantit pas une extradition
L’interpellation de Mehdi Laribi ne signifie pas qu’il sera rapidement remis aux magistrats marseillais. Sa double nationalité constitue le principal obstacle juridique.
La convention d’extradition entre la France et l’Algérie prévoit que l’État requis n’extrade pas une personne qui possédait sa nationalité au moment des faits reprochés. Si Mehdi Laribi remplissait cette condition, Alger ne devrait donc pas le remettre directement à la France.
L’Algérie pourrait elle-même engager des poursuites
Le même accord prévoit toutefois une autre voie. Lorsqu’un pays n’extrade pas son ressortissant, il doit pouvoir, à la demande de l’autre État, transmettre le dossier à ses propres autorités afin qu’elles examinent l’ouverture de poursuites.
La France devra alors fournir les pièces de l’enquête, les qualifications retenues et les éléments susceptibles d’étayer les accusations. Les autorités algériennes pourront ensuite décider de la suite judiciaire à donner sur leur territoire.
L’arrestation ne vaut donc pas extradition. Elle montre néanmoins qu’une coopération concrète reste possible entre Paris et Alger sur un dossier de criminalité organisée.
Un coup dur symbolique pour la DZ Mafia
La justice française a adressé plusieurs demandes d’entraide concernant des responsables présumés de la DZ Mafia soupçonnés de se trouver de l’autre côté de la Méditerranée. L’interpellation de Mehdi Laribi représente ainsi un premier résultat visible de cette stratégie.
Elle ne suffit toutefois pas à désorganiser à elle seule un réseau décrit comme souple et capable de fonctionner avec plusieurs dirigeants et relais. Les opérations menées en France ont montré que certains suspects pouvaient continuer à exercer une influence malgré leur incarcération.
Les prochaines semaines devront préciser les démarches engagées par la France et la position définitive de l’Algérie. Pour les enquêteurs marseillais, le véritable tournant interviendra lorsque Mehdi Laribi pourra être entendu sur les faits qui lui sont reprochés.