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GiFi placé en redressement judiciaire : ce que prévoit la décision
C’est une nouvelle étape dans la crise que traverse l’enseigne de décoration et de bazar. Le tribunal de commerce de Toulouse a officiellement ouvert une procédure de redressement judiciaire à la demande de GiFi. Son dirigeant, Patrick Puy, avait sollicité cette mesure après avoir déclaré l’entreprise en cessation de paiement le 21 octobre.
La justice accorde désormais six mois à l’enseigne pour tenter de trouver une solution et poursuivre son activité. Une nouvelle audience est prévue le 8 janvier 2027. Le tribunal devra alors déterminer si GiFi dispose de capacités financières suffisantes pour continuer son exploitation.
Une première échéance est également fixée au 11 décembre. La direction et les représentants du personnel devront présenter un état de la trésorerie et de la situation financière du groupe. Ces rendez-vous seront déterminants pour les prochaines étapes de la procédure.
Les magasins GiFi restent ouverts malgré la procédure
L’annonce du redressement judiciaire ne signifie pas que les magasins vont fermer immédiatement. Dans un communiqué publié après la décision du tribunal, la direction a confirmé que les points de vente restaient ouverts et que les équipes poursuivaient leur activité.
Patrick Puy affirme vouloir « protéger un maximum de salariés ». Le dirigeant présente cette procédure comme un moyen de donner du temps à l’entreprise pour construire une solution avec ses partenaires financiers et commerciaux.
Pour les clients, il n’y a donc pas de fermeture générale annoncée à ce stade. Les magasins continuent d’accueillir le public, notamment à l’approche des fêtes de fin d’année, une période importante pour le chiffre d’affaires de l’enseigne.
6 000 salariés concernés : l’avenir de GiFi inquiète les équipes
Derrière la situation financière du groupe, l’enjeu social est considérable. GiFi compte environ 6 000 salariés en France et exploite plus de 500 magasins. Son siège historique, situé à Villeneuve-sur-Lot dans le Lot-et-Garonne, emploie à lui seul près de 600 personnes.
La procédure ouvre une période d’incertitude pour les équipes. Les représentants syndicaux réclament davantage de visibilité sur les décisions à venir et sur les conséquences possibles pour les emplois.
Avant même l’ouverture officielle du redressement judiciaire, Force ouvrière avait dénoncé le manque d’informations communiquées aux salariés. Le syndicat s’inquiétait notamment de l’instabilité de la direction et de la situation financière du groupe. Il redoute que les difficultés de l’enseigne débouchent sur de nouvelles suppressions de postes.
Pour l’heure, aucune annonce générale de licenciements n’accompagne la décision du tribunal. La direction affirme que le redressement judiciaire n’entraîne pas, à lui seul, de conséquence immédiate sur l’emploi. Cela ne permet toutefois pas de garantir le maintien de tous les postes à plus long terme.
Pourquoi l’enseigne de bazar traverse-t-elle une telle crise ?
Les difficultés de GiFi se sont accumulées au cours des dernières années. En 2023, un changement informatique mal maîtrisé a fortement perturbé l’organisation de l’entreprise, notamment la gestion des approvisionnements et des stocks.
L’enseigne doit également faire face à une concurrence accrue sur le marché des produits non alimentaires à petits prix. Action, Maxibazar et les plateformes de commerce en ligne comme Temu attirent une partie des consommateurs avec des prix très compétitifs.
Dans son communiqué du 3 novembre, la direction évoque un marché du discount non alimentaire en recul. Elle indique que l’activité est restée inférieure aux prévisions pendant l’été, accentuant les tensions sur la trésorerie du groupe.
GiFi assure néanmoins avoir amélioré certains éléments de son activité, notamment ses marges, au cours des derniers mois. L’entreprise estime désormais que la procédure judiciaire lui donnera le cadre nécessaire pour préparer son avenir.
Votre magasin GiFi va-t-il fermer dans les prochains mois ?
C’est la question que se posent désormais de nombreux clients. À ce stade, le placement en redressement judiciaire ne signifie pas que les 513 magasins vont disparaître. La direction confirme au contraire la poursuite de l’activité commerciale pendant la période d’observation.
Certains établissements ont toutefois déjà fait l’objet d’opérations de restructuration. En 2025, GiFi avait notamment cédé une trentaine de magasins à Grand Frais dans le cadre de ses efforts pour réduire ses coûts. Ces changements ne doivent pas être confondus avec une fermeture générale du réseau.
Les prochains mois permettront de préciser les établissements concernés par d’éventuelles nouvelles décisions. Le tribunal devra notamment examiner les capacités financières de l’entreprise et les solutions envisagées pour assurer la poursuite de son activité.
Pour les salariés comme pour les clients, le prochain rendez-vous important est fixé au 8 janvier 2027. D’ici là, les magasins GiFi restent ouverts, mais l’avenir de l’enseigne demeure incertain.