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Pourquoi la garde à vue de Kevin T. a-t-elle été levée ?
Une observation psychiatrique avant la reprise des auditions
Interpellé vendredi 23 octobre à Coignières, quelques minutes après les tirs, Kevin T. avait été placé en garde à vue dans le cadre de l’enquête menée par le Parquet national antiterroriste (PNAT).
Mais un examen psychiatrique réalisé samedi soir a conduit les autorités à lever cette mesure. Selon le parquet, le suspect a été transféré à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police afin d’y être soumis à une période d’observation susceptible de durer 48 heures. Les médecins doivent évaluer si son état est compatible avec la poursuite des interrogatoires.
Cette levée ne signifie donc pas que l’enquête est terminée ni que le suspect est libéré de toute contrainte judiciaire. La garde à vue est suspendue pendant cette observation. Elle pourra reprendre si les conclusions médicales le permettent.
Le suspect aurait déclaré souffrir de schizophrénie
Selon des informations rapportées lundi 26 octobre par Le Monde et Le Parisien, Kevin T. aurait déclaré aux enquêteurs souffrir de schizophrénie et suivre un traitement médical depuis plusieurs années. Ces éléments proviennent de sources proches du dossier.
Les résultats de l’analyse toxicologique ont également révélé la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang, selon le PNAT. Ces éléments font partie des investigations, mais ils ne suffisent pas, à eux seuls, à expliquer le passage à l’acte ni à déterminer la responsabilité pénale du suspect.
Une attaque qui a fait un mort et cinq blessés
Les tirs se sont produits vendredi 23 octobre à Trappes et dans la commune voisine de La Verrière. Selon les informations communiquées par les autorités et rapportées par plusieurs médias, une personne a été tuée et cinq autres ont été blessées. Parmi les victimes figure une adolescente de 12 ans.
Le suspect aurait tiré depuis sa voiture au cours d’un périple de plusieurs minutes. Il a été arrêté à Coignières. Les enquêteurs cherchent notamment à établir le déroulement précis des faits et les motivations de l’attaque.
Le Parquet national antiterroriste a ouvert une enquête pour assassinat et tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec une circonstance aggravante liée à l’appartenance réelle ou supposée des victimes à une race, une ethnie, une nation ou une religion. Le président de la République a qualifié les faits d’attaque terroriste raciste.
Les investigations se poursuivent sur les motivations du suspect
Les premiers éléments recueillis par les enquêteurs orientent les investigations vers une motivation raciste. Selon Le Monde, des déclarations attribuées au suspect et des éléments découverts lors des perquisitions sont étudiés dans ce cadre. Les enquêteurs doivent toutefois continuer à vérifier les éléments de preuve et à reconstituer son parcours.
La décision concernant la garde à vue dépend désormais des conclusions de l’observation psychiatrique. Si les médecins estiment que l’état de Kevin T. permet la reprise des auditions, les enquêteurs pourront poursuivre leurs interrogatoires. Dans le cas contraire, une prise en charge dans un service psychiatrique pourra être envisagée.
L’expertise psychiatrique devra également être distinguée de l’évaluation de la responsabilité pénale. Celle-ci dépendra notamment d’expertises portant sur l’état du suspect au moment des faits et sera examinée dans le cadre de la procédure judiciaire. À ce stade, aucune décision définitive n’a été rendue sur sa responsabilité.