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Un crash mortel près de l’aérodrome de La Baule
Le drame s’est produit vendredi, en fin de journée, près de l’aérodrome de La Baule-Escoublac, en Loire-Atlantique.
Un avion bimoteur de type Cessna 421 s’est écrasé dans un champ alors qu’il approchait de la zone de l’aérodrome. Deux personnes se trouvaient à bord. Aucune n’a survécu.
Parmi les victimes figure Claude Guillemot, cofondateur d’Ubisoft et président de Guillemot Corporation. Une seconde personne, présentée comme un instructeur de vol expérimenté, est également morte dans l’accident.
Les circonstances exactes restent encore à établir. Les autorités ont ouvert une enquête afin de comprendre ce qui a pu se produire dans les derniers instants du vol.
À ce stade, aucune cause officielle n’a été avancée.
Ubisoft confirme la disparition d’un de ses fondateurs
Ubisoft a confirmé la mort de Claude Guillemot dans un communiqué sobre.
Le groupe français du jeu vidéo a fait part de sa tristesse et adressé ses pensées à sa famille et à ses proches. L’entreprise n’a pas souhaité faire davantage de commentaire.
Cette réserve dit aussi la violence du moment.
Claude Guillemot n’était pas seulement un nom associé à Ubisoft. Il faisait partie de la fratrie qui a bâti l’une des entreprises françaises les plus connues au monde dans l’univers du jeu vidéo.
Avec ses frères Yves, Michel, Gérard et Christian, il avait participé à la création d’Ubisoft en 1986. À l’époque, l’aventure ne ressemblait pas encore à un géant international. Elle partait de Bretagne, avec une activité tournée vers la distribution de logiciels et de jeux.
Quarante ans plus tard, Ubisoft est devenu un acteur mondial, derrière des franchises comme Assassin’s Creed, Just Dance, Rayman, Far Cry ou encore Tom Clancy.
Le rôle discret d’un bâtisseur
Claude Guillemot n’était pas le visage le plus médiatisé d’Ubisoft.
Ce rôle revenait surtout à son frère Yves Guillemot, longtemps identifié comme la figure publique du groupe. Claude, lui, occupait une place plus discrète, mais structurante.
Il a notamment joué un rôle opérationnel dans le développement de l’écosystème familial autour du jeu vidéo et des accessoires numériques. Il dirigeait Guillemot Corporation, connue pour ses marques comme Hercules et Thrustmaster, spécialisées dans les périphériques, les équipements audio et les accessoires de gaming.
Cette autre branche de l’histoire Guillemot compte beaucoup.
Elle montre que la famille ne s’est pas seulement intéressée aux jeux eux-mêmes. Elle a aussi accompagné tout l’univers qui entoure la pratique : manettes, volants, équipements de simulation, matériels pour joueurs et solutions numériques.
Une famille au cœur du jeu vidéo français
L’histoire d’Ubisoft reste indissociable de celle des frères Guillemot.
Leur trajectoire raconte une partie de l’essor du jeu vidéo en France. Dans les années 1980, le secteur était encore jeune, incertain et largement dominé par des acteurs étrangers. Les Guillemot ont parié tôt sur ce marché.
Leur entreprise a grandi avec les consoles, les ordinateurs familiaux, puis les grandes franchises internationales.
Ubisoft a ensuite traversé plusieurs époques : l’explosion du jeu sur PC, l’arrivée des consoles modernes, la mondialisation des studios, les polémiques internes, les tensions boursières et les mutations du secteur.
Dans cette histoire longue, Claude Guillemot représentait l’un des piliers familiaux.
Une disparition qui touche aussi la Bretagne économique
La mort de Claude Guillemot résonne particulièrement en Bretagne.
La famille Guillemot vient de cette région, où l’histoire d’Ubisoft a commencé avant de prendre une dimension mondiale. Le parcours du groupe reste souvent cité comme l’un des exemples les plus marquants d’une entreprise française partie d’un territoire régional pour s’imposer dans une industrie globale.
Cette trajectoire a inspiré une génération d’entrepreneurs du numérique.
Elle a aussi contribué à donner au jeu vidéo français une visibilité internationale, bien avant que le secteur ne soit pleinement reconnu comme une industrie culturelle majeure.
Une enquête attendue sur les causes du crash
L’accident de La Baule reste désormais entre les mains des enquêteurs.
Ils devront examiner l’appareil, les conditions de vol, la trajectoire, les communications et les éléments techniques disponibles. Comme dans tout crash aérien, les premières conclusions peuvent prendre du temps.
La prudence s’impose donc.
Pour l’heure, le drame laisse surtout deux familles endeuillées et un monde du jeu vidéo sous le choc.
Claude Guillemot disparaît à 69 ans, après avoir contribué à construire l’une des plus grandes réussites françaises du divertissement numérique.
Son nom restera lié à Ubisoft, mais aussi à une génération d’industriels qui ont cru très tôt au potentiel du jeu vidéo.
Avant qu’Assassin’s Creed, Rayman ou Just Dance ne deviennent des marques mondiales, il y avait une fratrie bretonne, une intuition, et le pari qu’un loisir encore jeune pouvait devenir une industrie immense.
Claude Guillemot faisait partie de cette histoire.