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- Une tendance TikTok qui sort progressivement des écrans
- Un mouvement plus ancien qu’il n’y paraît
- Ce qui inquiète réellement certains parents
- Quand le jeu devient une identité publique
- Des comportements parfois difficiles à gérer à l’école
- Pourquoi les vétérinaires portugais ont dû intervenir
- Une polémique révélatrice du malaise autour du sujet
- Derrière les masques, une vraie question éducative
- Une recherche d’appartenance très liée aux réseaux sociaux
- La vraie limite reste le comportement envers les autres
- Pourquoi cette tendance pourrait encore grandir
Une tendance TikTok qui sort progressivement des écrans
Dans des parcs, des cours de récréation ou des rassemblements improvisés, certains adolescents reproduisent désormais dans la vie réelle des comportements popularisés en ligne. Les vidéos montrent souvent des jeunes portant des queues d’animaux, fabriquant des masques artisanaux ou courant à quatre pattes devant leurs smartphones.
Le phénomène s’est particulièrement développé sur TikTok, où les contenus liés aux “therians” se multiplient depuis plusieurs mois. Plusieurs médias internationaux, dont Associated Press et El País, ont récemment consacré des reportages à cette communauté devenue virale.
Un mouvement plus ancien qu’il n’y paraît
Contrairement à ce que beaucoup imaginent, les “therians” ne sont pas nés avec TikTok. Le terme existe depuis les années 1990 dans certaines communautés internet.
À l’origine, il désigne des personnes disant ressentir une identification psychologique ou spirituelle avec un animal non humain. Mais les réseaux sociaux ont profondément transformé le phénomène. Ce qui relevait autrefois de forums confidentiels est devenu une tendance visuelle extrêmement partageable.
Un masque, une vidéo étrange et quelques mouvements spectaculaires suffisent désormais à générer des centaines de milliers de vues.
Ce qui inquiète réellement certains parents
Pour beaucoup d’enfants, imiter un animal reste un simple jeu. Le problème apparaît lorsque les comportements débordent du cadre ludique ou deviennent omniprésents dans la vie quotidienne.
C’est précisément cette frontière qui inquiète certains parents et enseignants.
Quand le jeu devient une identité publique
Sur TikTok, les adolescents ne se contentent plus toujours de “jouer” à être des animaux. Certains expliquent publiquement se sentir plus proches d’un loup, d’un chat ou d’un renard que d’une identité humaine classique.
Le phénomène crée alors une forme de communauté avec ses propres codes, ses vidéos, ses accessoires et parfois ses règles implicites.
Pour plusieurs spécialistes interrogés dans les médias étrangers, le risque principal n’est pas forcément le déguisement lui-même, mais le besoin d’aller toujours plus loin pour exister au sein du groupe ou attirer l’attention en ligne.
Des comportements parfois difficiles à gérer à l’école
Le sujet devient beaucoup plus sensible lorsqu’il arrive dans les établissements scolaires.
Ces dernières semaines, plusieurs témoignages relayés sur les réseaux sociaux évoquent des enfants courant à quatre pattes dans des cours d’école, grognant sur d’autres élèves ou reproduisant des comportements vus en ligne.
Dans certains cas, cela reste anecdotique. Dans d’autres, des enseignants ou des parents disent avoir été confrontés à des situations jugées agressives ou perturbatrices.
C’est ce mélange entre jeu, influence numérique et perte de repères qui alimente aujourd’hui le débat.
Pourquoi les vétérinaires portugais ont dû intervenir
Le phénomène a récemment pris une ampleur inattendue au Portugal.
L’Ordre des médecins vétérinaires portugais a publié un communiqué rappelant qu’une personne s’identifiant à un animal reste juridiquement un être humain et ne peut donc pas être prise en charge comme un animal dans une clinique vétérinaire.
Une polémique révélatrice du malaise autour du sujet
Cette prise de parole peut sembler étonnante. Pourtant, elle montre surtout à quel point le phénomène est sorti du simple cadre numérique.
Les adultes découvrent parfois ces tendances tardivement, lorsque les codes sont déjà installés chez certains adolescents. Entre fascination, moqueries et inquiétudes, beaucoup de parents peinent encore à comprendre ce qu’ils observent réellement.
Le sujet touche désormais :
- l’école ;
- la famille ;
- les réseaux sociaux ;
- et parfois même certains professionnels de santé.
Derrière les masques, une vraie question éducative
Réduire les therians à “des jeunes qui se prennent pour des animaux” serait pourtant trop simpliste.
Une recherche d’appartenance très liée aux réseaux sociaux
Pour certains adolescents, ces vidéos représentent surtout une manière de rejoindre une communauté ou de se différencier. D’autres y voient un simple loisir créatif proche du cosplay ou du jeu de rôle.
Mais TikTok change complètement l’échelle du phénomène. Une tendance marginale peut devenir virale en quelques jours et pousser certains jeunes à reproduire les comportements les plus visibles pour exister en ligne.
C’est précisément ce mécanisme qui inquiète plusieurs spécialistes des usages numériques.
La vraie limite reste le comportement envers les autres
Le déguisement ou le jeu ne posent pas forcément problème en eux-mêmes. En revanche, lorsque des comportements agressifs apparaissent — morsures, poursuites, griffures ou intimidation — la situation change complètement.
Dans une école, le respect des autres enfants reste une limite non négociable.
Pour plusieurs psychologues interrogés à l’étranger, le plus important reste donc d’observer si le phénomène :
- isole l’enfant ;
- perturbe sa scolarité ;
- ou modifie durablement ses relations sociales.
Pourquoi cette tendance pourrait encore grandir
Le phénomène therian possède tous les ingrédients d’une tendance virale durable :
- un univers visuel fort ;
- des vidéos immédiatement reconnaissables ;
- une dimension étrange qui provoque énormément de réactions.
Et plus les internautes réagissent, plus les plateformes poussent ces contenus.
Les experts estiment donc que le phénomène pourrait continuer à gagner en visibilité dans les prochains mois, notamment auprès des plus jeunes utilisateurs des réseaux sociaux.
Derrière les masques d’animaux et les vidéos virales, une question plus large apparaît désormais : comment accompagner des adolescents qui construisent parfois leur identité au sein de communautés numériques devenues plus puissantes que jamais ?