Deux explosions près de l’hôtel d’Emmanuel Macron à Damas : 18 blessés, la visite maintenue

Deux engins explosifs ont détoné mardi matin près du Four Seasons de Damas, où Emmanuel Macron avait passé la nuit. Au moins 18 personnes ont été blessées. Le président français, déjà parti vers le palais présidentiel, n’a pas été touché et a maintenu sa visite officielle en Syrie.

© Cette image illustre les deux explosions survenues près de l’hôtel où Emmanuel Macron avait séjourné à Damas, faisant au moins 18 blessés.

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Deux bombes explosent au cœur de Damas

La matinée diplomatique a brutalement basculé dans la capitale syrienne.

Deux explosions ont retenti dans un secteur très fréquenté du centre de Damas, entre le ministère syrien du Tourisme et le Musée national. Le Four Seasons, établissement où Emmanuel Macron avait passé la nuit, se trouve juste en face.

Les autorités syriennes ont rapidement confirmé la présence de deux engins explosifs improvisés. Le premier avait été dissimulé dans une voiture garée le long de la route. Le second se trouvait dans une poubelle.

Les forces de sécurité auraient repéré les dispositifs et se préparaient à les neutraliser lorsqu’ils ont explosé.

Le bilan provisoire fait état de 18 personnes blessées, dont quatre policiers. Les images tournées sur place montrent des flammes, une épaisse fumée et plusieurs véhicules endommagés.

Une seconde explosion près des secours

La première détonation a immédiatement attiré les policiers, les secours et plusieurs curieux.

Quelques instants plus tard, le second engin a explosé à proximité d’une ambulance stationnée dans la rue. Environ une vingtaine de personnes se trouvaient alors autour du véhicule.

Cette succession laisse penser que les auteurs pourraient avoir cherché à toucher les personnes attirées par la première explosion. L’enquête devra toutefois établir la chronologie exacte et déterminer si les deux dispositifs fonctionnaient avec un retard volontaire.

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Plusieurs rues ont été bouclées après l’attaque. Les forces de sécurité ont également lancé des recherches pour identifier les responsables.

Emmanuel Macron avait quitté l’hôtel peu avant

Le président français n’était plus dans l’établissement au moment des explosions.

Son convoi avait quitté le Four Seasons peu auparavant pour rejoindre le palais présidentiel. Emmanuel Macron devait y rencontrer le président syrien Ahmed al-Charaa.

L’Élysée a indiqué que le chef de l’État n’avait pas entendu les détonations. Aucun mouvement de panique n’a été signalé au sein de la délégation française.

La visite s’est donc poursuivie normalement.

Des images diffusées après l’attaque montrent Emmanuel Macron aux côtés de son homologue syrien, saluant des responsables politiques et militaires. Le président français a ensuite confirmé que son déplacement continuait.

Macron était-il directement visé ?

Cette question s’impose, mais aucune réponse définitive n’existe encore.

Les bombes ont explosé près de l’hôtel où Emmanuel Macron résidait. Le calendrier et la proximité géographique alimentent donc naturellement l’hypothèse d’une attaque liée à sa présence.

Cependant, les autorités syriennes assurent que les dispositifs se trouvaient en dehors du périmètre de sécurité installé autour de sa résidence. Elles affirment aussi qu’ils ne représentaient pas une menace directe contre le président français.

Aucun groupe n’a revendiqué les explosions.

À ce stade, il serait donc prématuré de parler d’une tentative d’attentat contre Emmanuel Macron. L’enquête devra déterminer la cible réelle, le moment où les engins ont été posés et les éventuels liens avec la visite française.

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Une visite historique sous très haute tension

Emmanuel Macron est le premier chef d’État d’un pays de l’Union européenne à se rendre officiellement en Syrie depuis la chute de Bachar al-Assad, en décembre 2024.

Ce déplacement représente un signal diplomatique important.

La France soutient la transition menée par Ahmed al-Charaa, tout en demandant des garanties sur la sécurité, le pluralisme politique et la protection des différentes communautés syriennes.

Le président français était également accompagné de plusieurs dirigeants d’entreprise. La visite devait servir à préparer la reconstruction économique du pays, après plus de treize années de guerre.

Paris et Damas ont notamment discuté de la restitution de dizaines de millions d’euros provenant de biens confisqués à Rifaat al-Assad. Des partenariats économiques et logistiques figuraient aussi au programme.

Une attaque qui frappe l’image du nouveau pouvoir

Les nouvelles autorités syriennes veulent convaincre les pays occidentaux que Damas redevient une capitale sûre.

Les explosions produisent l’effet inverse.

Le Four Seasons accueille régulièrement des diplomates, des responsables étrangers et des employés des Nations unies. Il fait partie des lieux les plus surveillés de la ville.

Voir deux bombes exploser à proximité pendant la visite d’un président européen représente donc un revers majeur pour le gouvernement syrien.

Même si Emmanuel Macron n’était pas directement visé, l’attaque montre que des groupes disposent encore de la capacité nécessaire pour agir au cœur de la capitale.

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Damas déjà frappée quelques jours plus tôt

Ces explosions ne constituent pas un incident isolé.

La semaine précédente, une bombe avait explosé dans un café très fréquenté près du palais de justice de Damas. L’attaque avait fait plusieurs morts et une vingtaine de blessés.

Elle n’a pas non plus été revendiquée.

Le groupe État islamique a repris certaines opérations contre les nouvelles autorités syriennes ces derniers mois. Des groupes liés à l’ancien régime restent également actifs dans plusieurs régions.

Pour l’instant, aucun élément ne permet toutefois d’attribuer les explosions près du Four Seasons à l’une de ces organisations.

La visite continue malgré le signal d’alarme

Emmanuel Macron a choisi de ne pas modifier son programme.

Cette décision permet à la France de ne pas donner l’impression que la violence peut interrompre son rapprochement avec la nouvelle Syrie. Elle montre également un soutien politique fort à Ahmed al-Charaa.

Mais les deux explosions rappellent la fragilité du pays.

La chute de l’ancien régime n’a pas fait disparaître les armes, les réseaux clandestins ni les rivalités. La transition syrienne se joue donc autant dans les institutions que dans la capacité du nouveau pouvoir à sécuriser ses rues.

Mardi matin, Emmanuel Macron n’a pas été atteint et son déplacement s’est poursuivi.

Pour Damas, le message reste pourtant inquiétant : au moment même où la Syrie voulait afficher son retour sur la scène internationale, deux bombes ont rappelé que la stabilité demeure encore très précaire.

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