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- Revolut organise le retrait progressif de l’USDT
- Trois dates à retenir pour les utilisateurs
- Pourquoi MiCA pousse l’USDT hors des plateformes
- Revolut doit respecter son nouvel agrément européen
- L’USDT n’est pas interdit en Europe
- L’USDC et l’EURC pourraient récupérer les utilisateurs
- Ce que doivent faire les clients de Revolut
- Un tournant pour le marché européen des stablecoins
Revolut organise le retrait progressif de l’USDT
Les détenteurs d’USDT utilisant Revolut vont devoir prendre une décision avant la fin de l’été.
La fintech a informé les clients européens concernés qu’elle allait retirer le stablecoin émis par Tether de son offre de cryptomonnaies. L’opération se déroulera en plusieurs étapes afin de laisser aux utilisateurs le temps de vendre ou de transférer leurs fonds.
Trois dates à retenir pour les utilisateurs
Les achats d’USDT doivent prendre fin le 6 juillet 2026. Revolut cessera ensuite d’accepter les nouveaux dépôts à partir du 30 juillet. Tout transfert entrant effectué après cette date pourra être rejeté.
Les clients pourront encore vendre leurs USDT ou les envoyer vers un portefeuille externe jusqu’au 31 août.
Après cette échéance, Revolut ne prendra plus en charge le stablecoin sur les comptes concernés. La plateforme convertira automatiquement les soldes restants dans la devise principale de l’utilisateur, selon le cours disponible au moment de l’opération.
Ce calendrier explique probablement la confusion autour du 30 août. Le retrait complet interviendra bien le 31 août, tandis que le blocage des dépôts commencera un mois plus tôt.
Pourquoi MiCA pousse l’USDT hors des plateformes
Le retrait ne repose pas sur un problème technique.
Il découle du règlement européen MiCA, qui impose un cadre commun aux entreprises proposant des services liés aux cryptomonnaies dans l’Union européenne.
Pour distribuer un stablecoin lié à une monnaie officielle, son émetteur doit notamment disposer d’une autorisation européenne adaptée. Il doit aussi respecter des obligations concernant les réserves, le remboursement des détenteurs, la transparence et la supervision.
Or l’USDT ne dispose pas de l’autorisation nécessaire pour être proposé comme jeton de monnaie électronique conforme à MiCA dans l’Espace économique européen.
Les plateformes qui obtiennent leur propre agrément européen doivent donc revoir leur catalogue. Elles risquent sinon de proposer à leurs clients un actif qui ne répond pas aux exigences applicables aux stablecoins.
Revolut doit respecter son nouvel agrément européen
Cette contrainte concerne directement Revolut.
Son entité dédiée aux cryptomonnaies dans l’Espace économique européen a obtenu un agrément MiCA auprès du régulateur chypriote. La fintech doit désormais aligner ses services sur les règles liées à cette autorisation.
Le retrait de l’USDT apparaît ainsi comme une conséquence logique de cette mise en conformité.
D’autres plateformes ont déjà réduit ou supprimé l’accès au stablecoin pour leurs clients européens. Revolut rejoint donc un mouvement engagé depuis l’entrée en application des règles de MiCA sur les stablecoins.
L’USDT n’est pas interdit en Europe
Le retrait des plateformes ne constitue pas une interdiction générale.
Un particulier peut toujours détenir des USDT dans un portefeuille personnel. Il peut également transférer ses jetons sur une blockchain compatible ou utiliser certains services décentralisés, sous réserve de leur disponibilité et des règles locales.
MiCA agit surtout sur les intermédiaires réglementés.
Une plateforme européenne agréée ne peut plus proposer librement l’achat ou la négociation d’un stablecoin non conforme. En revanche, les autorités européennes ont distingué ces services commerciaux de la simple conservation ou du transfert.
Cette nuance reste essentielle. L’Union européenne ne détruit pas les USDT détenus par les utilisateurs et ne bloque pas directement les portefeuilles personnels.
Cependant, conserver cet actif en Europe pourrait devenir moins pratique. Le nombre de plateformes permettant de l’acheter ou de le vendre risque de diminuer. La liquidité locale pourrait aussi se déplacer vers d’autres stablecoins.
L’USDC et l’EURC pourraient récupérer les utilisateurs
Le recul de l’USDT laisse une place importante à ses concurrents.
Circle dispose d’une autorisation européenne pour émettre l’USDC, adossé au dollar, et l’EURC, lié à l’euro. Ces deux stablecoins répondent aux exigences de MiCA et peuvent donc rester proposés par les plateformes européennes réglementées.
Les utilisateurs qui souhaitent conserver une valeur numérique proche du dollar pourraient se tourner vers l’USDC. Ceux qui préfèrent éviter le risque de change entre l’euro et le dollar pourraient regarder davantage l’EURC.
Cette évolution pourrait fragmenter le marché mondial.
L’USDT conserverait une place dominante sur les plateformes internationales et dans certaines régions. L’Europe développerait, de son côté, un écosystème davantage centré sur des stablecoins agréés localement.
Ce que doivent faire les clients de Revolut
Les clients concernés doivent d’abord consulter la notification reçue dans l’application. Le calendrier exact peut dépendre du pays, du compte et de l’entité Revolut qui fournit le service.
Plusieurs possibilités existent avant le 31 août.
L’utilisateur peut vendre ses USDT contre des euros. Il peut aussi les convertir vers une autre cryptomonnaie disponible ou les retirer vers un portefeuille externe compatible.
Laisser les fonds sur Revolut reste possible jusqu’à l’échéance. Toutefois, la conversion automatique ne permettra pas de choisir précisément le moment ni le cours de l’opération.
Cette période pourrait également attirer les fraudeurs. De faux messages peuvent prétendre aider les clients à récupérer ou transférer leurs USDT. Toute opération doit donc être réalisée depuis l’application officielle, sans suivre un lien reçu par SMS ou par e-mail.
Un tournant pour le marché européen des stablecoins
Le retrait annoncé par Revolut possède une portée symbolique forte.
L’USDT reste utilisable à l’échelle mondiale, mais son accès se réduit dans l’Union européenne. MiCA impose désormais aux plateformes agréées de privilégier des actifs dont l’émetteur accepte la supervision européenne.
Pour les autorités, cette transformation doit renforcer la transparence et la protection des utilisateurs. Pour les investisseurs, elle réduit cependant le choix et peut compliquer les transferts entre les marchés européens et internationaux.
Le 31 août ne marquera donc pas la disparition de l’USDT.
Cette date représentera plutôt une nouvelle étape dans son éloignement des plateformes réglementées de l’Union européenne. Revolut ferme la porte, d’autres acteurs l’ont déjà fait, et les stablecoins conformes à MiCA se préparent à récupérer l’espace laissé vacant.