Minorités religieuses : une ONG accréditée auprès de l’ONU alerte sur les risques de stigmatisation internationale

Une organisation dotée d’un statut consultatif auprès de l’ONU alerte sur les conséquences internationales de la stigmatisation visant certaines minorités religieuses. Dans une déclaration écrite déposée auprès du Conseil des droits de l’Homme, CAP LC appelle les États à fonder leurs décisions sur des faits établis, et non sur des perceptions contestées.

© CAP LC alerte auprès des Nations Unies sur les risques de stigmatisation internationale visant certaines minorités religieuses

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Une alerte portée devant les Nations Unies

La Coordination des Associations et des Particuliers pour la Liberté de Conscience, connue sous le nom de CAP LC, a déposé une déclaration écrite auprès du Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies.

Cette organisation, qui bénéficie d’un statut consultatif spécial auprès de l’ECOSOC, s’inquiète des effets internationaux de certaines campagnes de stigmatisation visant des minorités religieuses.

Le texte mentionne notamment la communauté chrétienne Shincheonji, originaire de Corée du Sud. Selon CAP LC, des informations diffusées depuis ce pays influenceraient désormais des décisions administratives et sociales dans plusieurs États.

L’organisation invite les autorités publiques à faire preuve de prudence. Elle rappelle qu’une communauté religieuse ne devrait pas être jugée sur la base d’une réputation, d’une couverture médiatique défavorable ou de qualificatifs controversés, mais sur des éléments objectifs et vérifiables.

Les personnes souhaitant consulter directement les informations officielles de cette communauté peuvent se rendre sur le Site Shincheonji.

Des répercussions signalées en Europe

Dans sa déclaration, CAP LC évoque plusieurs situations observées en Europe.

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Au Royaume-Uni, l’organisation cite le refus d’enregistrer Shincheonji comme organisation caritative. Elle souligne aussi l’usage du terme « secte », qu’elle estime susceptible d’entretenir une image négative auprès du public et des institutions.

En Allemagne, ainsi que dans d’autres pays germanophones, CAP LC rapporte des discriminations touchant certains membres de la communauté dans leur vie professionnelle et sociale. L’organisation met ces difficultés en lien avec une couverture médiatique défavorable et la publication d’un ouvrage critique en 2025.

Pour CAP LC, ces exemples montrent comment des appréciations contestées peuvent produire des effets concrets. Une minorité religieuse peut se retrouver exposée à l’exclusion sociale, à des atteintes à sa réputation ou à des restrictions dans l’exercice de sa liberté de religion.

L’enjeu dépasse donc le seul débat théologique ou doctrinal. Il touche directement au respect de l’État de droit, à l’égalité devant les institutions et à la protection des croyances minoritaires.

Le cas judiciaire de Lee Man-hee en Corée du Sud

La déclaration revient également sur la situation judiciaire de Lee Man-hee, président de Shincheonji, âgé de 95 ans.

Il est actuellement détenu en Corée du Sud dans le cadre d’une enquête portant sur des violations présumées de la législation relative aux partis politiques. Un mandat d’arrêt a été délivré le 24 juin, avant une mise en examen intervenue le 29 juin.

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CAP LC ne se prononce pas sur le fond du dossier. L’organisation rappelle toutefois un principe central : toute personne poursuivie bénéficie de la présomption d’innocence.

Elle s’interroge aussi sur la nécessité du maintien en détention d’un homme de cet âge, alors que de nombreux éléments matériels auraient déjà été collectés par les autorités.

Cette question ne vise pas à contester le droit d’un État à enquêter. Elle porte plutôt sur la proportionnalité des mesures prises pendant la procédure.

Pour approfondir ce contexte, l’Article de Massimo Introvigne revient sur la situation et sur les débats entourant cette affaire.

Une question plus large pour toutes les minorités religieuses

Au-delà du cas de Shincheonji, CAP LC pose une question de portée universelle : comment les États évaluent-ils les minorités religieuses ?

Pour l’organisation, les décisions administratives, judiciaires ou politiques doivent reposer sur des preuves vérifiables. Elles ne doivent pas dépendre uniquement d’étiquettes, de controverses publiques ou d’informations dont la valeur probante reste discutée.

Cette position rejoint plusieurs principes fondamentaux des sociétés démocratiques : liberté de religion, égalité devant la loi, droit à un procès équitable et protection contre les discriminations.

L’alerte de CAP LC rappelle ainsi que la stigmatisation d’une minorité religieuse peut rapidement dépasser les frontières d’un pays.

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Lorsqu’une perception négative circule à l’international, elle peut influencer des administrations, des employeurs, des médias ou des juridictions. Le risque est alors de faire glisser une communauté entière d’un débat légitime vers une présomption collective de culpabilité.

Pour CAP LC, la réponse doit rester claire : chaque situation doit être examinée sur la base de faits, de preuves et de garanties juridiques.

C’est à cette condition que les États peuvent protéger la sécurité publique sans fragiliser la liberté de conscience.

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