Marseille : un adolescent de 15 ans déféré pour acte de barbarie après avoir projeté des flammes au visage d’une femme

Un adolescent de 15 ans et demi doit être présenté ce dimanche à Marseille à un juge d’instruction après l’agression d’une femme avec un spray enflammé. Le parquet requiert son placement en détention provisoire et retient désormais la qualification d’acte de barbarie.

© Une femme a été brûlée au visage avec un spray enflammé lors des violences survenues à Marseille le 1er octobre.

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Un jet de flammes au visage en pleine mobilisation lycéenne

Les faits remontent au jeudi 1er octobre, place du 4-Septembre, dans le 7e arrondissement de Marseille. Une auxiliaire de vie de 40 ans attendait son bus lorsqu’un groupe de jeunes aurait tenté de dégrader un abribus.

La femme s’est alors interposée pour empêcher les dégradations. D’après les éléments communiqués par le parquet, l’adolescent s’est avancé vers elle après que le groupe a été écarté. Il aurait utilisé un spray et un briquet pour projeter une flamme en direction de son visage.

La scène a été filmée et les images ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux. On y distingue une personne portant des vêtements sombres et le visage dissimulé, utilisant un aérosol avec un briquet avant de diriger les flammes vers la victime.

La victime brûlée au visage

La femme a porté plainte le vendredi 2 octobre. Selon les informations disponibles, elle a subi des brûlures au premier degré au visage. Elle a été prise en charge par les secours avant de recevoir des soins dans un centre médical.

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Dans un témoignage diffusé ce dimanche, la victime a raconté avoir ressenti une forte chaleur sur son visage au moment de l’agression. Elle explique également avoir été profondément choquée après avoir découvert les images de la scène.

Elle ne souffre pas de séquelles importantes au visage, mais dit rester marquée par les faits. « Je ne m’attendais pas à des gamins si violents », a-t-elle notamment témoigné.

Le suspect identifié grâce aux images

Les enquêteurs ont exploité les images de vidéosurveillance et mené des investigations pour identifier l’auteur présumé. Le jeune homme a finalement été interpellé vendredi 2 octobre en fin de journée.

Le suspect est scolarisé dans un lycée marseillais. Il était jusqu’ici inconnu des services de police et de justice, selon le parquet. Lors de sa garde à vue, il aurait reconnu les faits et exprimé de profonds regrets après avoir pris conscience de leur gravité.

Les premières poursuites visaient des violences volontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail inférieure ou égale à huit jours. Trois circonstances aggravantes avaient été retenues : l’utilisation d’une arme, les faits commis en réunion et la dissimulation du visage.

Le parquet retient désormais l’acte de barbarie

Le dossier a depuis changé de dimension judiciaire. Le parquet de Marseille a saisi un juge d’instruction pour acte de barbarie, une qualification criminelle.

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Le mineur doit être déféré ce dimanche 4 octobre en vue de sa mise en examen. Le parquet demande également son placement en détention provisoire, invoquant notamment le trouble à l’ordre public. La décision concernant son éventuel placement derrière les barreaux appartient désormais aux magistrats compétents.

À ce stade, l’adolescent reste présumé innocent. Sa mise en examen éventuelle ne constituera pas une condamnation.

Une agression survenue dans un contexte de fortes tensions

L’affaire intervient alors que la mobilisation lycéenne provoque depuis plusieurs jours des blocages, des dégradations et des affrontements dans plusieurs villes françaises.

À Marseille, la journée du 1er octobre avait notamment été marquée par plusieurs incidents autour d’établissements scolaires. Un véhicule de pompiers avait été incendié alors que les secours intervenaient près du lycée Saint-Exupéry. Des tensions avaient également éclaté autour du lycée Victor-Hugo, près de la gare Saint-Charles.

Le parquet distingue toutefois clairement l’agression de la femme des revendications portées par les manifestants. Les services de la préfète de police déléguée avaient rappelé qu’aucune revendication lycéenne ou sociale ne pouvait justifier de tels actes de violence.

La suite de la procédure devra désormais déterminer les responsabilités pénales du mineur et les circonstances exactes dans lesquelles l’agression s’est produite.

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