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- Les prix actuels : où en est-on ce mercredi matin ?
- Des records jamais vus depuis 40 ans
- Pourquoi le gazole a encore plus augmenté que l’essence
- La baisse annoncée : combien et quand ?
- 5 à 10 centimes dans les prochains jours
- Le gouvernement promet de surveiller
- Ce qui peut freiner la baisse
- Le phénomène « fusée et plume »
- La trêve reste fragile
- Les taxes, elles, ne bougent pas
- Ce que ça change concrètement pour votre budget
- À la pompe dans les prochains jours
- Les grandes surfaces en premier
- Et le gaz ?
- Ce qu’on ne sait pas encore
C’est la question que tout le monde se pose ce matin en passant devant une station-service. Le cessez-le-feu annoncé cette nuit entre les États-Unis et l’Iran a fait dégringoler le prix du pétrole de plus de 15 % en quelques heures. Bonne nouvelle sur les marchés — mais concrètement, quand est-ce que ça va se voir à la pompe ? Et de combien ?
On vous explique tout, chiffres à l’appui.
Les prix actuels : où en est-on ce mercredi matin ?
Des records jamais vus depuis 40 ans
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient le 28 février, les prix à la pompe en France n’ont cessé de grimper. Ce mercredi 8 avril, le gazole s’affiche en moyenne à 2,375 € le litre — soit 65 centimes de plus qu’avant le début du conflit. L’essence SP95-E10, la plus répandue, est à 2,021 € le litre, en hausse de 30 centimes sur la même période.
Des niveaux historiques : les prix des carburants n’avaient pas atteint ces sommets depuis plus de 40 ans en France.
Pourquoi le gazole a encore plus augmenté que l’essence
Le diesel a bondi de près de 33 % depuis le 27 février, contre 17 % pour le SP95. La raison est géographique : environ 90 % du diesel consommé en France est raffiné hors de l’Union européenne, ce qui rend son approvisionnement particulièrement sensible au blocage du détroit d’Ormuz. C’est ce que nous avions expliqué dans notre article sur le choc énergétique lié à la guerre en Iran.
La baisse annoncée : combien et quand ?
5 à 10 centimes dans les prochains jours
C’est l’estimation de l’Union française des industries pétrolières ce matin. Le président de l’UFIP, Olivier Gantois, a été clair : le brut ayant chuté d’environ 15 dollars à l’annonce du cessez-le-feu, cela devrait se répercuter à la pompe d’ici un à deux jours. La fourchette avancée est de 5 à 10 centimes par litre, à condition que les cours du pétrole se stabilisent autour de 93 à 95 dollars le baril.
Du côté de la grande distribution, Leclerc et Système U ont déjà annoncé des baisses à venir dès cette semaine dans leurs stations. Michel-Édouard Leclerc évoque une baisse de l’ordre de 30 centimes par litre si le cours du brut se maintient — un scénario plus optimiste, mais qui dépend entièrement de la stabilité de la trêve.
Le gouvernement promet de surveiller
Ce matin, le Premier ministre Sébastien Lecornu a été catégorique sur X : « Quand les prix mondiaux baissent, les prix à la pompe doivent baisser, aussi vite qu’ils sont montés. Le gouvernement y veillera. » Il a annoncé une réunion de toute la filière — raffineurs et distributeurs — à Bercy, ainsi qu’un « plan de contrôle » pour vérifier que la baisse du brut est bien répercutée sans délai.
Ce qui peut freiner la baisse
Le phénomène « fusée et plume »
En économie, il existe un effet bien documenté : les prix montent comme une fusée, mais descendent comme une plume. Concrètement, une station-service vend aujourd’hui du carburant acheté hier à l’ancien prix. Si le brut baisse, le prix théorique recule immédiatement, mais le carburant déjà en cuve a été payé au cours plus élevé. Ce décalage peut prendre deux à cinq jours selon les enseignes et leur fréquence de réapprovisionnement.
La trêve reste fragile
L’autre inconnue majeure, c’est la solidité de l’accord lui-même. Le cessez-le-feu ne dure que deux semaines. Si les négociations d’Islamabad qui débutent vendredi n’aboutissent pas, la tension peut remonter aussi vite qu’elle est retombée — et les prix avec elle. Comme nous l’avons suivi depuis le début du conflit autour du détroit d’Ormuz, chaque annonce de Trump a provoqué des fluctuations immédiates sur les marchés de l’énergie. La prudence reste de mise.
Les taxes, elles, ne bougent pas
Un élément souvent oublié : les taxes représentent environ 60 % du prix à la pompe en France. L’accise nationale est fixée à 68 centimes par litre pour l’essence et 59 centimes pour le gazole — des montants stables depuis 2018. Même si le brut revient à 70 dollars, les taxes ne bougeront pas. Ce plancher fiscal fait que les prix ne retrouveront pas leur niveau d’avant-guerre sans une décision politique spécifique, que le gouvernement a jusqu’ici refusé de prendre.
Ce que ça change concrètement pour votre budget
À la pompe dans les prochains jours
Sur un plein de 50 litres de gazole, une baisse de 10 centimes par litre représente 5 € d’économie immédiate. C’est modeste au regard de la hausse accumulée depuis le 28 février — mais c’est un premier signal concret après six semaines de flambée.
Si la trêve tient et que le cours du brut reste autour de 93-95 dollars, la baisse pourrait s’accentuer progressivement dans les semaines suivantes.
Les grandes surfaces en premier
Historiquement, les stations des grandes surfaces — Leclerc, Intermarché, Système U — répercutent les baisses plus rapidement que les stations de marque comme TotalEnergies ou BP. TotalEnergies avait appliqué un plafonnement volontaire depuis le 12 mars, mais y a mis fin ce mardi 7 avril. Ce sont donc les enseignes de la grande distribution qui devraient afficher les premières baisses visibles dès jeudi ou vendredi.
Et le gaz ?
Le gaz naturel européen a lui aussi dégringolé de plus de 17 % à l’annonce du cessez-le-feu. Pour les ménages chauffés au gaz, l’effet sur la facture sera plus lent à se faire sentir — les contrats de fourniture sont généralement indexés sur des moyennes mensuelles, pas sur les cours journaliers.
Ce qu’on ne sait pas encore
La question centrale reste entière : cette baisse va-t-elle durer ? Tout dépend de ce qui se passe à Islamabad à partir de vendredi, des prochaines déclarations de Trump et de la capacité des deux camps à transformer cette trêve de deux semaines en quelque chose de plus solide. Pour l’instant, les marchés parient sur une détente. Mais comme l’ont montré cinq semaines de conflit, un seul tweet peut tout faire basculer.