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EN BREF — BNP Paribas rejoint le consortium Qivalis avec 9 autres banques européennes. Stablecoin euro conforme MiCA lancé second semestre 2026. Objectif : contrer domination du dollar (99% du marché). PDG : Jan-Oliver Sell (ex-Coinbase). Président : Sir Howard Davies. Licence DNB en cours. Infrastructure systémique visée d’ici 2027.
Dix banques européennes s’unissent pour l’euro numérique
BNP Paribas a officialisé en décembre 2025 son adhésion à Qivalis. En effet, ce consortium regroupe dix banques : BNP Paribas, ING, UniCredit, CaixaBank, Banca Sella, Danske Bank, DekaBank, KBC, Raiffeisen Bank International et SEB. Ainsi, l’alliance cumule des billions d’euros d’actifs et des centaines de millions de clients.
L’entité est constituée à Amsterdam. Par ailleurs, une demande de licence de monnaie électronique a été déposée auprès de la Banque centrale néerlandaise (DNB). En conséquence, le lancement commercial est prévu pour le second semestre 2026.
Un stablecoin conforme MiCA pour concurrencer le dollar
Qivalis sera entièrement conforme au règlement MiCA. En effet, le stablecoin sera adossé 1:1 à l’euro via des réserves ségrégées auprès de banques centrales. Néanmoins, contrairement aux stablecoins algorithmiques, chaque euro numérique sera garanti par un euro réel.
Jan-Oliver Sell, ancien de Coinbase Allemagne, dirige le projet comme PDG. Par ailleurs, Sir Howard Davies, ex-président de NatWest, occupe le poste de président. Ainsi, Sell affirme que « un stablecoin natif en euro est une question d’autonomie monétaire à l’ère numérique ».
Le dollar domine 99% du marché des stablecoins
Les stablecoins en dollar (USDT, USDC) représentent plus de 200 milliards de dollars de capitalisation. En effet, le dollar domine 99% du marché mondial. Par ailleurs, les stablecoins en euro pèsent moins de 350 millions d’euros, soit moins de 1%.
Cette domination pose plusieurs problèmes à l’Europe. D’abord, elle renforce la dépendance aux infrastructures américaines. Ensuite, elle expose les Européens aux fluctuations EUR/USD. Enfin, elle complique la transmission de la politique monétaire européenne dans l’espace crypto.
Qivalis vise une infrastructure systémique d’ici 2027
Le consortium affiche une ambition claire : faire de Qivalis une infrastructure de paiement systémique à l’échelle de l’UE d’ici 2027. En effet, le stablecoin ciblera les paiements commerciaux quotidiens, le règlement instantané de factures et l’intégration dans la DeFi.
Néanmoins, plusieurs défis restent à relever. D’abord, convaincre les utilisateurs de basculer depuis USDT/USDC. Ensuite, obtenir l’approbation de la DNB et de la BCE. Enfin, éduquer le grand public aux stablecoins réglementés.
Par ailleurs, BNP Paribas mène d’autres expérimentations blockchain. Ainsi, la banque a lancé le 20 février 2026 un fonds monétaire tokenisé sur Ethereum. En conséquence, la frontière entre finance traditionnelle et décentralisée s’amenuise progressivement.
Un enjeu de souveraineté européenne
Si Qivalis réussit, l’impact pourrait être considérable pour l’Europe. En effet, le continent rattraperait son retard dans l’économie numérique. Par ailleurs, l’euro renforcerait sa position internationale dans les paiements blockchain.
Néanmoins, le succès n’est pas garanti. En effet, de nombreux projets bancaires de stablecoins ont échoué faute d’adoption suffisante. Par ailleurs, la méfiance du public européen envers les cryptomonnaies reste forte après FTX et Terra/Luna.
Toutefois, le label bancaire et la conformité MiCA pourraient rassurer. Ainsi, 2026 pourrait marquer l’entrée véritable de l’euro dans l’arène des paiements blockchain. En conséquence, 2027 verrait peut-être émerger un écosystème de paiements véritablement européen et souverain.