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Selon Reuters, deux militants vêtus de costumes noirs sont montés sur scène au moment où Emmanuel Macron et le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, accueillaient les participants. Ils ont brandi des banderoles sur lesquelles on pouvait lire “Nuclear Power = Energy Insecurity” et “Nuclear power fuels Russia’s war”. L’un d’eux a interpellé le président sur les importations d’uranium en provenance de Russie.
Une protestation ciblée contre la stratégie nucléaire
Greenpeace ne visait pas seulement la mise en scène du sommet. L’ONG a aussi attaqué le fond du message porté par Paris. Dans un communiqué publié avant l’événement, Greenpeace France a dénoncé un sommet présenté comme “hors de la réalité”, en critiquant à la fois les coûts du nucléaire, les déchets, les risques et la dépendance persistante à la filière russe.
À l’extérieur du site, Reuters rapporte aussi qu’une quinzaine de militants ont tenté de bloquer des convois à Boulogne-Billancourt, où se tenait la rencontre. La protestation visait donc autant la portée symbolique du sommet que son organisation concrète.
Macron veut faire du nucléaire un levier stratégique
Ce sommet n’a rien d’anodin pour l’exécutif français. Le ministère des Affaires étrangères présente cette réunion comme un rendez-vous destiné à promouvoir le rôle du nucléaire civil face aux défis énergétiques et climatiques, avec la participation de chefs d’État, d’institutions financières, d’industriels et d’experts.
Emmanuel Macron a d’ailleurs profité de son discours pour défendre un autre enjeu stratégique : l’intelligence artificielle. D’après Reuters, il a affirmé que la France pouvait utiliser sa production d’électricité nucléaire pour accueillir davantage de data centers et renforcer sa place dans la compétition mondiale sur l’IA.
Une image forte dès l’ouverture
La scène n’a duré que quelques instants, mais elle a immédiatement donné une tonalité politique à l’événement. D’un côté, Emmanuel Macron cherche à installer la France comme puissance clé du nucléaire civil. De l’autre, Greenpeace veut rappeler que cette énergie reste, selon elle, synonyme d’insécurité, de dépendances géopolitiques et de choix contestés.
Pour RevolutionMagazine, cette séquence montre surtout une chose : même lorsqu’il parle climat, souveraineté ou réindustrialisation, le nucléaire reste un sujet hautement conflictuel. Et ce mardi matin, ce conflit s’est invité dès les premières minutes du sommet.