Livret A : le taux chute à 1,5% en février 2026, faut-il retirer son argent ?

Nouvelle baisse pour le Livret A. Depuis le 1er février 2026, le taux de rémunération passe de 1,7% à 1,5%. Cette troisième baisse consécutive depuis février 2025 interroge les 55 millions de détenteurs sur la pertinence de ce placement star des Français. Alors que 438 milliards d'euros dorment sur ces comptes, les alternatives commencent à séduire.

© Le Livret A voit son taux chuter à 1,5% depuis le 1er février 2026, soit la troisième baisse consécutive depuis février 2025. Avec 438 milliards d'euros qui dorment sur ces comptes, les 55 millions de détenteurs s'interrogent sur la pertinence de laisser leur épargne sur ce placement historique face à des alternatives comme l'assurance-vie (2-3,5%) ou le LEP (2,5%). Crédit : Banque de France

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Le 1er février 2026 marque un tournant pour l’épargne réglementée française. Le taux du Livret A, qui culminait encore à 3% en février 2023, tombe à 1,5%. En théorie, il aurait même dû descendre à 1,4% selon la formule de calcul stricte de la Banque de France. Néanmoins, le ministre de l’Économie Roland Lescure a décidé d’arrondir à 1,5% pour « protéger le pouvoir d’achat des épargnants ». Cette baisse touche également le LDDS qui passe au même taux. Seul le LEP conserve un avantage avec 2,5%, mais uniquement pour les ménages modestes éligibles.

Pourquoi le Livret A baisse-t-il autant ?

L’inflation en chute libre

La baisse du taux du Livret A découle directement de l’évolution de l’inflation. Selon l’Insee, l’inflation s’établit à seulement 0,8% en décembre 2025. Cette chute spectaculaire par rapport aux 5% et plus de 2022-2023 déclenche automatiquement une révision à la baisse du taux du Livret A.

En effet, la formule de calcul du Livret A combine deux éléments. D’abord, la moyenne de l’inflation sur six mois. Ensuite, la moyenne du taux interbancaire €STR sur la même période. Avec une inflation proche de zéro et des taux interbancaires en baisse, le calcul aboutit mécaniquement à un taux de 1,4%. Le gouvernement a simplement choisi d’arrondir à 1,5% pour limiter la déception des épargnants.

Le contexte économique général

Au-delà des chiffres, cette baisse reflète un changement profond de contexte économique. La Banque centrale européenne a progressivement abaissé ses taux directeurs depuis 2024. Les banques centrales jugent l’inflation maîtrisée et cherchent désormais à soutenir la croissance économique. Par ailleurs, les prix de l’énergie ont fortement baissé par rapport aux sommets de 2022-2023.

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Pour les épargnants, cette nouvelle donne signifie que leur Livret A rapporte désormais très peu en valeur absolue. Un capital de 10 000 euros ne génère plus que 150 euros d’intérêts par an, soit 12,50 euros par mois. De quoi s’interroger sur l’utilité de laisser dormir des sommes importantes sur ce support.

Que deviennent les autres livrets réglementés ?

Le LEP maintenu à 2,5% par décision politique

Le Livret d’épargne populaire constitue la seule bonne nouvelle de cette révision. Son taux descend de 2,7% à 2,5%, mais il aurait dû tomber à 1,9% selon la formule stricte. Le gouvernement a décidé d’un « coup de pouce » pour soutenir les ménages modestes. Néanmoins, tout le monde ne peut pas ouvrir un LEP.

Les conditions d’éligibilité restent strictes. Pour une personne seule, le revenu fiscal de référence 2024 ne doit pas dépasser 22 419 euros. Pour un couple, le plafond monte à 34 393 euros. Ces seuils augmentent avec chaque demi-part fiscale supplémentaire. En outre, le plafond de dépôt reste limité à 10 000 euros, contre 22 950 euros pour le Livret A.

LDDS, Livret Jeune et CEL impactés

Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) suit mécaniquement le Livret A. Son taux passe donc aussi à 1,5%. Plus de 20 millions de Français détiennent un LDDS avec un plafond de 12 000 euros. Ainsi, ce livret ne rapporte plus que 180 euros par an au plafond.

Le Livret Jeune, réservé aux 12-25 ans, doit offrir au minimum le taux du Livret A. Certaines banques proposent des bonifications mais elles restent marginales. Enfin, le Compte épargne logement (CEL) tombe à 1% puisque son taux équivaut aux deux tiers de celui du Livret A.

Faut-il retirer son argent du Livret A ?

Les avantages qui restent imbattables

Malgré la baisse, le Livret A conserve des atouts décisifs pour une partie de l’épargne. D’abord, la disponibilité immédiate des fonds sans aucun délai ni pénalité. Ensuite, l’absence totale de risque grâce à la garantie de l’État. Par ailleurs, les intérêts restent exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.

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Ces caractéristiques en font le support idéal pour l’épargne de précaution. Les conseillers financiers recommandent de conserver trois à six mois de dépenses courantes sur un Livret A ou un LDDS. Cette réserve permet de faire face aux imprévus : panne de voiture, réparation urgente, perte d’emploi temporaire. Néanmoins, au-delà de cette épargne de sécurité, le Livret A devient inefficace.

L’erreur de tout laisser dormir

Le vrai problème concerne les 438 milliards d’euros qui dorment sur les Livrets A français. De nombreux épargnants conservent 15 000, 20 000 ou même le plafond de 22 950 euros sur leur livret par simple habitude. Or, laisser 20 000 euros à 1,5% pendant dix ans rapporte seulement 3 225 euros d’intérêts. En effet, cette somme aurait pu générer beaucoup plus sur d’autres supports.

Par ailleurs, même si le taux de 1,5% dépasse l’inflation actuelle de 0,8%, il faut raisonner sur le long terme. L’inflation passée de 2021-2023 a déjà érodé le pouvoir d’achat. Les épargnants qui avaient 20 000 euros en 2020 disposent aujourd’hui d’un pouvoir d’achat réel inférieur, même avec les intérêts accumulés. Ainsi, le Livret A protège contre les pertes mais ne fait pas progresser le patrimoine.

Quelles alternatives pour faire fructifier son épargne ?

Les fonds euros d’assurance-vie retrouvent de l’attrait

Les fonds euros des contrats d’assurance-vie constituent la première alternative crédible. En 2026, ces fonds affichent des rendements entre 2% et 3,5% selon les contrats. Certes, ils ne garantissent pas le capital à court terme comme le Livret A. Néanmoins, l’effet cliquet assure que les intérêts acquis restent définitivement gagnés.

L’assurance-vie offre également un cadre fiscal avantageux après huit ans de détention. Les retraits bénéficient d’un abattement de 4 600 euros pour une personne seule ou 9 200 euros pour un couple. En outre, la transmission successorale reste très favorable avec un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire. Ainsi, pour l’épargne de moyen et long terme, l’assurance-vie surpasse largement le Livret A.

Le PEL pour les projets immobiliers

Le Plan d’épargne logement (PEL) ouvert en 2026 bénéficie d’un taux de 2%. Ce placement bloqué pendant quatre ans minimum convient aux projets immobiliers à moyen terme. Le PEL permet d’obtenir un prêt à taux préférentiel et une prime d’État sous conditions. Néanmoins, la fiscalité reste moins avantageuse que le Livret A puisque les intérêts subissent les prélèvements sociaux.

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Les SCPI pour dynamiser l’épargne

Les Sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) visent des rendements entre 4% et 6%. Elles investissent dans l’immobilier d’entreprise en France et en Europe. Les épargnants achètent des parts et perçoivent des loyers trimestriels. Néanmoins, ces placements comportent des risques et nécessitent un horizon d’investissement d’au moins huit ans.

La stratégie d’épargne optimale en 2026

Le principe de la diversification intelligente

La clé consiste à ne pas opposer les placements mais à les combiner intelligemment. Le Livret A garde toute sa pertinence pour l’épargne de précaution. Trois à six mois de dépenses suffisent amplement. Au-delà, il faut basculer sur des supports plus rémunérateurs adaptés à votre profil.

Pour l’épargne de moyen terme (deux à huit ans), l’assurance-vie en fonds euros offre un excellent compromis sécurité-rendement. Pour le long terme (plus de huit ans), l’assurance-vie permet d’ajouter progressivement des unités de compte pour viser des rendements supérieurs. Enfin, pour les projets spécifiques comme l’immobilier, le PEL ou les SCPI peuvent compléter l’arsenal.

Agir maintenant ou attendre ?

La tentation existe d’attendre une éventuelle remontée des taux du Livret A. Néanmoins, personne ne peut prédire l’évolution future. Si l’inflation reste faible, le taux pourrait encore baisser en août 2026. À l’inverse, un rebond de l’inflation ferait remonter le taux. Par ailleurs, chaque mois d’attente représente des intérêts perdus sur des placements mieux rémunérés.

Les conseillers financiers recommandent d’agir progressivement. Commencez par identifier votre épargne de précaution nécessaire. Puis, transférez le surplus vers une assurance-vie ou d’autres supports adaptés. Cette approche évite les regrets tout en optimisant la rémunération globale de votre épargne. En 2026, la vraie richesse ne consiste plus à accumuler sur un seul support, mais à diversifier intelligemment son patrimoine.

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