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- Flat tax crypto : c’est quoi, exactement ?
- Quand une crypto devient imposable ?
- Le seuil des 305 € : la petite ligne qui change tout
- Comment se calcule la plus-value crypto (version utile)
- Déclaration : quels formulaires, et où ça se passe ?
- Le piège “professionnel” : quand l’impôt peut changer de catégorie
- Les erreurs qui coûtent cher (et comment les éviter)
- Ce que ça change en 2026, concrètement
Flat tax crypto : c’est quoi, exactement ?
La “flat tax” correspond au PFU (prélèvement forfaitaire unique). En pratique, elle additionne un impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux pour former un taux global.
Or, en 2026, la hausse de CSG modifie l’équilibre sur de nombreux revenus du capital. Concrètement, plusieurs sources de référence indiquent que le PFU passe de 30 % à 31,4 % pour l’ensemble des placements concernés, et elles citent explicitement les gains de cession de crypto-monnaies (hors cession professionnelle) parmi les revenus touchés.
Cette évolution s’inscrit dans la hausse du taux de CSG prévue par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026.
Quand une crypto devient imposable ?
La fiscalité ne s’applique pas “à chaque mouvement”. Elle s’applique quand vous réalisez une cession imposable, c’est-à-dire quand vous sortez réellement de votre position crypto dans un cadre taxable.
D’abord, vous devenez imposable lorsque vous vendez des actifs numériques contre une monnaie ayant cours légal (euros, dollars). Ensuite, vous devenez aussi imposable lorsque vous utilisez des cryptos pour payer un bien ou un service, puisque l’administration assimile cette opération à une cession.
En revanche, un point surprend souvent : l’échange crypto-crypto ne déclenche pas forcément l’impôt. La règle générale admet qu’un échange reste “neutre” s’il ne s’accompagne pas d’une soulte (un complément en euros, par exemple).
Enfin, un simple transfert entre vos propres wallets ne constitue pas une cession. Il ne crée pas, à lui seul, une imposition.
Le seuil des 305 € : la petite ligne qui change tout
Avant de vous lancer dans des calculs complexes, vérifiez une chose : si le montant total annuel de vos cessions reste inférieur ou égal à 305 €, la loi prévoit une exonération.
Attention : ce seuil porte sur les cessions (les ventes/échanges imposables), pas sur la plus-value. Donc, même si vous “gagnez peu”, vous pouvez dépasser le seuil si vous multipliez les petites ventes.
Comment se calcule la plus-value crypto (version utile)
Le calcul français repose sur une logique de “portefeuille”. Autrement dit, l’administration ne calcule pas simplement “prix de vente – prix d’achat de cette ligne”. Elle regarde la part de votre coût global d’acquisition que représente la fraction du portefeuille vendue.
Dans la vraie vie, ça veut dire une chose : vous devez pouvoir reconstituer (au moins) vos apports, vos achats, vos ventes, et la valeur de votre portefeuille au moment de chaque cession imposable. Plus vous utilisez d’exchanges et plus vous bougez des fonds, plus cette reconstruction devient sensible.
Donc, si vous voulez un process propre, vous avez deux options réalistes : soit vous tenez une comptabilité de flux très carrée, soit vous utilisez un outil de suivi (et vous vérifiez ses résultats). Dans tous les cas, gardez vos historiques d’exchange et vos preuves de transactions.
Déclaration : quels formulaires, et où ça se passe ?
La déclaration se joue en deux temps.
D’abord, vous détaillez vos opérations sur le formulaire 2086 (déclaration des plus ou moins-values d’actifs numériques). Ensuite, vous reportez le résultat sur votre déclaration de revenus, notamment via les formulaires/annexes indiqués par l’administration.
Par ailleurs, si vous détenez des comptes d’actifs numériques à l’étranger, vous devez aussi les déclarer. La démarche passe par le formulaire 3916-bis.
Ici, l’erreur classique arrive vite : beaucoup de gens déclarent la plus-value, mais oublient la déclaration de compte. Or l’obligation existe même si vous n’avez pas vendu.
Le piège “professionnel” : quand l’impôt peut changer de catégorie
Un autre point fait souvent basculer un dossier : la frontière entre activité privée et activité habituelle.
Depuis la clarification administrative récente, l’administration distingue plus clairement la situation où vous agissez comme un particulier et celle où l’achat-revente devient habituelle, avec un régime pouvant relever des BNC (bénéfices non commerciaux).
Concrètement, si vous tradez à haute fréquence, si vous organisez une activité régulière avec des moyens dédiés, ou si vous structurez la pratique comme une “activité”, vous augmentez le risque de requalification. Donc, plus votre pratique ressemble à une activité, plus vous devez sécuriser votre lecture du régime applicable.
Les erreurs qui coûtent cher (et comment les éviter)
D’abord, beaucoup confondent “échange” et “cession”, alors que la soulte peut faire basculer l’opération. Ensuite, certains oublient que payer avec une carte crypto revient, fiscalement, à céder. Enfin, l’oubli de déclaration des comptes à l’étranger revient très souvent, surtout quand on utilise plusieurs plateformes.
Ajoutez à ça des historiques incomplets, des transferts non justifiés, ou des exports d’exchange tronqués, et vous obtenez le scénario parfait pour une reconstitution défavorable.
Donc, l’objectif n’est pas de “faire compliqué”. L’objectif est de pouvoir prouver vos chiffres, calmement, si on vous les demande.
Ce que ça change en 2026, concrètement
En 2026, vous devez intégrer trois idées simples.
D’abord, la flat tax sur de nombreux revenus du capital progresse, et des sources de référence incluent explicitement les gains crypto (hors activité pro) dans le passage à 31,4 %.
Ensuite, le seuil 305 € peut vous exonérer, mais uniquement si vos cessions annuelles restent sous ce plafond.
Enfin, vous devez jouer le jeu déclaratif : 2086 pour les opérations, et 3916-bis si vous avez des comptes à l’étranger.