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- Interdiction absolue de critiquer le gouvernement, même sur les réseaux sociaux
- Onze ans de prison pour avoir appelé à la fin de la tutelle masculine
- Un baiser en public ou un post critique = arrestation garantie
- Surveillance numérique totale et représailles contre les familles
- Vos posts sont surveillés, même depuis l’étranger
- Les proches de dissidents deviennent des otages
- Interdictions de voyager arbitraires : l’Arabie devient une prison
- Vous ne pouvez pas partir, mais on ne vous dira pas pourquoi
- Les conséquences psychologiques dévastatrices
- Détentions prolongées sans avocat en temps de guerre
- Arrestations et expulsions massives d’étrangers
- Le piège de la kafala : impossible de partir sans l’accord de votre employeur
- L’amnistie de Mohammed ben Salmane : un piège ?
Interdiction absolue de critiquer le gouvernement, même sur les réseaux sociaux
Onze ans de prison pour avoir appelé à la fin de la tutelle masculine
En janvier 2025, le Tribunal pénal spécial condamne Manahel al Otaibi à 11 ans de prison. En effet, la monitrice de fitness avait appelé sur les réseaux sociaux à la fin de la tutelle masculine. De plus, elle avait aussi porté des vêtements jugés « indécents ». Voilà son seul « crime ».
Par ailleurs, les autorités refusent à sa famille l’accès aux documents judiciaires. De même, elles cachent aussi les preuves. Ensuite, en novembre, la Cour d’appel confirme la condamnation. En définitive, ce cas illustre parfaitement le climat de terreur numérique.
Un baiser en public ou un post critique = arrestation garantie
La tension liée à la guerre en Iran pousse la police religieuse (muttawa) à renforcer ses contrôles. Ainsi, un baiser en public vous mène directement en prison. De même, un post critique aussi. Par ailleurs, en temps de guerre, les détentions durent plus longtemps. Souvent sans accès à un avocat.
Le Quai d’Orsay et le gouvernement canadien rappellent dans leurs conseils : « Évitez d’exprimer des opinions que les autorités saoudiennes pourraient considérer comme portant atteinte à l’ordre public. Cela inclut les réseaux sociaux. »
Surveillance numérique totale et représailles contre les familles
Vos posts sont surveillés, même depuis l’étranger
Les autorités saoudiennes surveillent activement vos publications en ligne. Ainsi, critiquer le gouvernement constitue un crime grave. De même, critiquer la famille royale aussi. Également, critiquer l’islam. En outre, cette interdiction s’applique même aux personnes à l’étranger.
Human Rights Watch rapporte le cas d’Asaad al-Ghamdi. En effet, les autorités l’ont condamné en mai 2024 à 20 ans de prison pour terrorisme. Pourtant, son seul crime : des activités pacifiques sur les réseaux sociaux. Finalement, il sort de prison en février 2025, probablement sous pression internationale.
Les proches de dissidents deviennent des otages
Le gouvernement veut contraindre les dissidents à rentrer. Par conséquent, il exerce des représailles contre leurs familles restées au royaume. D’ailleurs, Amnesty International documente des dizaines de cas d’interdictions de voyager imposées aux proches.
Par exemple, la veuve d’un militant exécuté vit en Arabie sous interdiction de voyager. Tous ses enfants aussi. En conséquence, ils ne peuvent pas quitter le pays. Ainsi, ils deviennent de fait des otages du régime.
Interdictions de voyager arbitraires : l’Arabie devient une prison
Vous ne pouvez pas partir, mais on ne vous dira pas pourquoi
Amnesty International révèle une pratique terrifiante. En effet, les autorités imposent des interdictions de voyager à des centaines de personnes. Cependant, elles ne publient aucune décision officielle. De plus, elles n’envoient aucune notification. Résultat : vous découvrez l’interdiction à l’aéroport.
En novembre 2017, la purge du Ritz Carlton frappe environ 300 personnes. Par ailleurs, toutes reçoivent des interdictions de voyager. Parmi elles : des membres de la famille royale saoudienne. Ainsi, le régime cible aussi 85 enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants du roi défunt Abdullah.
Les conséquences psychologiques dévastatrices
Les interdictions de voyager détruisent des vies. D’abord, elles font manquer des occasions d’étudier à l’étranger. Ensuite, elles bloquent les opportunités de travail international. De plus, elles restreignent l’accès aux soins médicaux spécialisés. Par ailleurs, elles nuisent à la santé mentale. Enfin, elles séparent les familles pendant des années.
Plusieurs militants confient à Amnesty International leurs difficultés psychologiques. En effet, le régime les maintient de force loin de leur famille. Néanmoins, ils craignent l’interdiction de voyager s’ils retournent en Arabie. Pire encore, ils redoutent l’arrestation arbitraire.
Détentions prolongées sans avocat en temps de guerre
La guerre en Iran aggrave tout. D’abord, les détentions sans avocat durent plus longtemps. Ensuite, l’accès à l’assistance consulaire devient impossible. Par ailleurs, les autorités détiennent les suspects pendant des périodes interminables. Même les simples témoins subissent ce sort.
Quand les autorités accordent enfin l’accès à un avocat, elles le limitent. De plus, elles le contrôlent à leur discrétion. Notamment, le cas de Sabri Shalabi illustre cette barbarie. En effet, les autorités l’accusent faussement de terrorisme. D’abord, elles le condamnent à 20 ans, puis 10 ans. Ensuite, elles lui refusent à plusieurs reprises des soins médicaux spécialisés. Résultat : son état de santé se détériore.
Arrestations et expulsions massives d’étrangers
Les autorités poursuivent leur répression contre les étrangers. En effet, elles visent ceux qu’elles accusent d’enfreindre les réglementations. D’ailleurs, le ministère de l’Intérieur publie des chiffres terrifiants. Ainsi, en 2024, les autorités arrêtent plus de 994 000 ressortissants étrangers. Par conséquent, elles en expulsent au moins 573 000.
De plus, les autorités arrêtent plus de 61 037 personnes pour être entrées de façon irrégulière depuis le Yémen. Notamment, la plupart sont éthiopiennes et yéménites. Pourtant, ces arrestations se font hors de toute procédure régulière. Ces expulsions aussi.
Le piège de la kafala : impossible de partir sans l’accord de votre employeur
Même innocent, le système de kafala vous emprisonne. En effet, vous détenez un permis de séjour (iqama) ? Alors, vous devez obtenir un visa de sortie pour quitter le pays. C’est le ministère de l’Intérieur qui délivre ce visa.
Cependant, votre sponsor (employeur) doit vous donner son accord. Ainsi, sans cet accord, pas de visa. Par conséquent, vous souhaitez rentrer chez vous ? Votre employeur peut vous bloquer pendant des mois. Ou pendant des années.
L’amnistie de Mohammed ben Salmane : un piège ?
Le 2 mars 2026, Abdulaziz al-Howairini invite les dissidents à rentrer. En effet, il dirige la Présidence de la Sûreté de l’État saoudienne. De plus, il promet qu’ils ne subiront aucune conséquence. Ainsi, le prince héritier Mohammed ben Salmane propose cette amnistie.
Cependant, le passé du régime suscite une méfiance extrême. Notamment, les autorités assassinent Jamal Khashoggi au consulat d’Istanbul en 2018. Par conséquent, plusieurs dissidents craignent un piège. En effet, ils redoutent une arrestation dès leur retour.