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L’affaire prend une nouvelle dimension judiciaire. Mardi 14 avril, le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire. Elle fait suite à une plainte pour tentative de viol et agression sexuelle déposée le 12 mars contre Patrick Bruel. Cette procédure s’ajoute à deux autres déjà en cours, à Saint-Malo et à Bruxelles. Au total, quinze femmes dénoncent désormais des faits de violences ou d’agressions sexuelles visant le chanteur de 66 ans, d’après les informations publiées cette semaine par Mediapart et le magazine Elle.
Une plainte portant sur des faits remontant à 1997
Selon Mediapart, la plaignante à l’origine de la nouvelle enquête parisienne est Daniela Elstner. Elle dirige aujourd’hui Unifrance, l’organisme chargé de promouvoir le cinéma français à l’international. Au moment des faits présumés, en novembre 1997, elle travaillait comme assistante au festival du Film français d’Acapulco, au Mexique. Elle accuse Patrick Bruel de l’avoir agressée sexuellement, puis d’avoir tenté de la violer dans son bungalow.
De son côté, le parquet de Paris n’a pas confirmé publiquement son identité. Il a seulement indiqué que la plaignante reprochait à Patrick Bruel une agression sexuelle qui aurait pu être commise il y a plusieurs dizaines d’années. Son avocate, Me Jade Dousselin, a réagi rapidement. Elle a salué l’ouverture rapide de cette enquête préliminaire. Elle a aussi assuré qu’elle collaborerait pleinement avec le parquet afin d’apporter tous les éléments utiles à la manifestation de la vérité.
Trois procédures judiciaires sont désormais ouvertes
En parallèle, le parquet de Saint-Malo examine depuis septembre 2024 une plainte pour viol déposée par une femme identifiée sous le nom d’Ophélie Fajfer. Cette dernière accuse Patrick Bruel de faits qui auraient eu lieu en octobre 2012, en marge du festival du Film britannique de Dinard. À l’époque, le chanteur présidait le jury.
Une première plainte avait d’abord été classée sans suite en 2022 par le parquet de Nanterre. Ensuite, le dossier a été transmis à Saint-Malo pour réexamen.
Par ailleurs, une troisième procédure est en cours à Bruxelles. L’attachée de presse belge Karine Viseur y a déposé plainte pour agression sexuelle le 24 mars. Elle avait d’abord retiré une première plainte portant sur des faits présumés en 2010 à la RTBF. Puis elle a décidé de se manifester à nouveau après les révélations de Mediapart.
Quatre nouveaux témoignages publiés par Elle
Lundi 13 avril, soit la veille de l’annonce du parquet de Paris, le magazine Elle a publié les témoignages de quatre nouvelles accusatrices. Parmi elles, l’une affirme avoir été mineure au moment des faits présumés et s’exprime pour la première fois. Une autre, ancienne employée du label BMG qui représentait alors Patrick Bruel, raconte avoir alerté ses collègues sans être entendue. Une troisième, journaliste culturelle, décrit une agression lors d’un entretien professionnel dans une suite d’hôtel à Monaco, en 2000.
Ces quatre récits s’inscrivent dans un mouvement plus large. En effet, Mediapart a publié une enquête menée pendant huit ans par la journaliste Marine Turchi. Depuis, quinze femmes au total ont pris la parole. Elles dénoncent des comportements présumés allant de l’agression sexuelle au viol. Les faits évoqués s’étalent entre 1992 et 2019.
Patrick Bruel conteste les accusations
Patrick Bruel nie toute contrainte. Ses avocats, Christophe Ingrain et Céline Lasek, affirment qu’il conteste les allégations de violence, de brutalité ou de contrainte. Ils évoquent, de leur côté, une « séduction maladroite ». Le chanteur n’a pas répondu directement aux questions de la journaliste de Mediapart lors de l’enquête initiale.
À ce stade, aucune mise en examen n’a été prononcée. Patrick Bruel bénéficie donc de la présomption d’innocence.