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Benoît Puga entendu par les enquêteurs
Le général Benoît Puga, ancien grand chancelier de la Légion d’honneur, a été placé en garde à vue mardi 22 septembre 2026. Les enquêteurs de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (Oclciff) l’ont entendu dans le cadre d’une enquête préliminaire.
La procédure porte sur des soupçons de corruption, de trafic d’influence et de prise illégale d’intérêts. Le Parquet national financier (PNF) a ouvert cette enquête en septembre 2023. Elle concerne notamment les conditions dans lesquelles plusieurs proches de l’ancien sénateur Jean-Pierre Bansard ont obtenu des décorations entre 2016 et 2023.
Après deux jours d’audition, Benoît Puga a quitté les locaux des enquêteurs mercredi soir. Aucune poursuite n’a été engagée contre lui à ce stade et l’enquête se poursuit.
Un général au parcours au sommet de l’État
Benoît Puga est un général cinq étoiles et grand-croix de la Légion d’honneur. Il a également occupé le poste de chef d’état-major particulier de Nicolas Sarkozy, puis de François Hollande.
Entre 2016 et 2023, il a dirigé la Grande Chancellerie de la Légion d’honneur. Cette fonction le plaçait au cœur de l’institution chargée de gérer le premier ordre national français.
Des décorations accordées à des proches d’un sénateur
Les investigations portent notamment sur les relations entre Benoît Puga et Jean-Pierre Bansard, homme d’affaires et ancien sénateur des Français établis hors de France, décédé en août 2024.
Les enquêteurs cherchent à déterminer si Benoît Puga a facilité l’attribution de décorations à plusieurs personnes de l’entourage familial ou professionnel du sénateur. Ils cherchent aussi à savoir si ces interventions ont entraîné des avantages en retour.
Selon le décompte rapporté par Mediapart et repris dans les informations publiées sur l’enquête, au moins douze personnes liées à Jean-Pierre Bansard auraient reçu la Légion d’honneur ou l’ordre national du Mérite entre 2016 et 2023. Dans six dossiers, la candidature relevait du contingent du grand chancelier.
Des séjours en Corse et des invitations dans le viseur
Les enquêteurs s’intéressent aussi aux éventuelles contreparties dont Benoît Puga aurait pu bénéficier.
Des informations publiées sur le dossier évoquent notamment des séjours dans une villa de Jean-Pierre Bansard à Calvi ainsi que des invitations à dîner. Ces éléments font partie des faits que l’enquête doit désormais vérifier.
L’objectif de la procédure consiste précisément à établir s’il existe un lien entre ces avantages et les interventions supposées en faveur de certaines candidatures.
Une fondation au cœur des interrogations
L’enquête s’intéresse également à Julien Renault, un homme d’affaires du secteur immobilier. Il a lui aussi été placé en garde à vue dans le cadre de cette procédure.
Julien Renault est à l’origine de la Fondation pour la Légion d’honneur, créée en 2019. Cette structure devait contribuer au financement de travaux de rénovation des bâtiments de la Grande Chancellerie grâce au mécénat.
Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer si certains dons ou relations avec des mécènes ont pu jouer un rôle dans l’obtention de décorations. Là encore, les investigations doivent établir les faits et l’existence éventuelle d’un échange de contreparties.
Des perquisitions avaient déjà eu lieu
L’affaire ne commence pas avec la garde à vue de Benoît Puga. Les enquêteurs avaient déjà procédé à plusieurs perquisitions en février 2024.
Ces opérations avaient notamment concerné des lieux liés à Jean-Pierre Bansard ainsi que les domiciles du sénateur et du général. Les investigations se poursuivent depuis dans le cadre de l’enquête préliminaire du PNF.
Une enquête toujours en cours
La garde à vue de Benoît Puga marque une nouvelle étape dans ce dossier. Elle ne signifie toutefois pas que le général a été reconnu coupable d’une quelconque infraction.
À ce stade, aucune poursuite n’a été engagée contre lui. Le PNF cherche encore à déterminer si les décorations accordées à certains proches de Jean-Pierre Bansard résultaient d’interventions irrégulières et si des avantages ont été accordés en échange.
L’enquête devra donc établir les éventuels liens entre les décorations, les interventions du général et les avantages évoqués par les enquêteurs.