Aide à mourir : l’Assemblée vote un texte encadré, le Sénat en arbitre au printemps

L’Assemblée nationale a adopté un texte sur l’aide à mourir après des débats tendus et des semaines d’amendements. Le vote marque une étape politique forte. Pourtant, rien n’est joué : le Sénat doit reprendre le dossier en avril, avec le risque d’un nouveau bras de fer.

© Les députés de l’Assemblée nationale lors du vote historique sur le droit à l’aide à mourir, adopté en seconde lecture le 25 février 2026 par 299 voix contre 226. Le texte repart au Sénat en avril. (Photo Assemblée nationale / février 2026)

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Un vote qui intervient après un parcours parlementaire heurté

Un texte relancé après le passage au Sénat

Le vote intervient après une séquence agitée. En janvier 2026, le Sénat a rejeté une partie du dispositif. Ensuite, l’Assemblée a repris la main. Les rapporteurs ont remis sur la table l’essentiel de la version adoptée en première lecture en mai 2025.

Cette proposition de loi s’appuie sur une alliance transpartisane. Olivier Falorni (Les Démocrates) et Annie Vidal (Ensemble pour la République) portent le texte. Ils défendent une réforme “strictement encadrée”. Dans l’hémicycle, le débat a divisé les groupes. Il a aussi traversé les familles politiques.

Les soins palliatifs adoptés à l’unanimité, en parallèle

En même temps, les députés ont voté un texte sur le renforcement des soins palliatifs. Cette adoption à l’unanimité a envoyé un signal. D’un côté, l’Assemblée veut mieux accompagner la fin de vie. De l’autre, elle veut ouvrir un droit nouveau, mais sous conditions.

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Ce double vote a structuré les échanges. Certains élus ont insisté sur l’ordre des priorités. Ils ont demandé plus de moyens pour les unités dédiées. D’autres ont répondu qu’un renforcement des soins palliatifs ne règle pas toutes les situations. Ils ont évoqué des souffrances qui résistent aux traitements.

Ce que prévoit le texte : un droit strictement conditionné

Qui pourrait demander l’aide à mourir

Le texte fixe plusieurs critères. D’abord, la personne doit être majeure. Ensuite, elle doit résider en France. Enfin, elle doit souffrir d’une affection grave et incurable, dans une phase avancée ou terminale.

Le texte retient aussi une notion centrale : la souffrance “réfractaire”. En clair, le patient ne trouve pas de soulagement malgré les prises en charge. Cette définition vise à limiter l’accès aux situations jugées les plus extrêmes. Elle vise aussi à éviter un usage “élargi” du dispositif.

Une procédure médicale en plusieurs étapes

Le texte encadre la demande. Il impose une évaluation médicale. Il prévoit aussi l’avis de deux médecins. Le dossier doit documenter la maladie et la situation clinique. Ensuite, un délai de réflexion s’applique. Le législateur veut ainsi réduire le risque de décision prise sous pression ou sur un coup de désespoir.

Dans ce cadre, les médecins jouent un rôle clé. Ils valident l’éligibilité. Ils vérifient aussi le consentement. Ils doivent enfin repérer une vulnérabilité particulière. Le texte insiste sur la protection des personnes fragiles. Il veut aussi éviter les conflits d’intérêts.

Encadrement et garde-fous : l’axe principal du compromis

Le gouvernement et les rapporteurs ont défendu un équilibre. Ils veulent un droit ouvert, mais très balisé. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a salué un texte “cohérent, équilibré et nuancé”, selon les déclarations rapportées à l’Assemblée. De son côté, Olivier Falorni a dédié le vote aux malades. Il a insisté sur l’idée d’une réponse attendue depuis des années.

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Cette logique de compromis a guidé le travail. Les députés ont discuté des délais. Ils ont aussi discuté des critères médicaux. Ils ont enfin discuté de la traçabilité des décisions. À chaque fois, ils ont cherché une ligne claire. Ils ont aussi cherché une procédure lisible.

Un calendrier encore incertain : le Sénat détient la suite

Avril comme prochaine étape, avec un rapport de force annoncé

Après ce vote, le texte part de nouveau au Sénat. L’examen est prévu en avril. Or, la chambre haute compte des oppositions fortes à l’aide active à mourir. Plusieurs sénateurs ont déjà exprimé des réserves. Ils mettent en avant un risque de bascule éthique. Ils alertent aussi sur la pression sociale qui pourrait peser sur certains malades.

Cependant, l’Assemblée peut reprendre le texte si le Sénat le modifie. Le processus peut alors s’étirer. Il peut aussi aboutir à une version de compromis. Tout dépendra des équilibres politiques. Tout dépendra aussi de la capacité des rapporteurs à sécuriser une majorité.

Un objectif d’adoption avant l’été

Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, a dit espérer une adoption définitive avant l’été. Cet objectif suppose un calendrier serré. Il suppose aussi un accord minimal entre les deux chambres. Sinon, la navette peut durer. Et le débat peut revenir sous une forme plus tendue.

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Une fracture sociétale qui ne se résorbe pas

Les associations de patients saluent une “étape décisive”

Les partisans du texte mettent en avant la dignité et l’autonomie. Ils évoquent des malades confrontés à des situations limites. L’ADMD et d’autres associations décrivent ce vote comme une avancée. Elles voient dans ce texte une reconnaissance politique de parcours de fin de vie difficiles.

Les opposants dénoncent un glissement et un risque pour les plus vulnérables

En face, les opposants parlent de rupture. Ils craignent une “euthanasie déguisée”. Ils redoutent aussi une banalisation progressive. Plusieurs acteurs religieux, éthiques et médicaux mettent en avant un risque : celui d’un choix contraint, par isolement, par précarité, ou par manque de soins.

Ces critiques ciblent un point précis : l’accès réel aux soins palliatifs. Tant que l’offre reste inégale, disent-ils, un nouveau droit peut créer une pression implicite. Les défenseurs du texte répondent autrement. Ils affirment que le vote sur les soins palliatifs renforce justement la protection.

Une bataille politique, mais aussi une question de confiance

Le débat dépasse la technique juridique. Il touche à la confiance dans le système de santé. Il touche aussi à la manière dont la société accompagne la vulnérabilité. Enfin, il interroge le rôle du médecin face à la demande.

Le Sénat aura donc un rôle central. Il peut durcir le texte. Il peut aussi le bloquer. À l’inverse, il peut valider un compromis. Dans tous les cas, la séquence ne s’arrêtera pas au vote de l’Assemblée. Elle se poursuivra, avec une ligne de fracture qui traverse déjà le pays.

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