Blocus des lycées en Seine-Saint-Denis : des affrontements avec la police, l’IGPN saisie

Le mouvement de blocage des lycées s’est tendu en Seine-Saint-Denis. Des affrontements ont opposé des jeunes aux forces de l’ordre, tandis que plusieurs avocats dénoncent des violences lors d’interpellations et en garde à vue. L’IGPN a été saisie.

© Des tensions ont opposé des lycéens aux forces de l’ordre lors des blocages organisés en Seine-Saint-Denis.

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Des tensions autour de plusieurs lycées de Seine-Saint-Denis

La mobilisation lycéenne prend de l’ampleur en Île-de-France. À Saint-Denis, notamment autour du lycée Paul-Éluard, le blocus du lundi 28 septembre a donné lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre.

Des tirs de mortiers d’artifice et des projectiles ont visé des policiers. Les forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les groupes présents aux abords de l’établissement. Plusieurs interpellations ont également eu lieu.

La situation s’inscrit dans un mouvement plus large. Les élèves mobilisés réclament notamment davantage de moyens, dénoncent des classes surchargées et évoquent les difficultés liées aux emplois du temps et au manque de personnels. Le mouvement avait déjà entraîné plusieurs dizaines de blocages en Île-de-France avant de s’étendre à d’autres régions.

Une mobilisation qui dépasse les seuls blocages

Les autorités ont renforcé la sécurité autour des établissements. Une circulaire adressée aux préfets et aux recteurs prévoit notamment une intervention des forces de sécurité en cas de blocage total, tout en demandant un usage proportionné de la force.

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Lundi, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a fait état de 180 établissements concernés par la mobilisation et de 164 interpellations à l’échelle nationale. Il a également évoqué plusieurs blessés, parmi lesquels des membres des forces de l’ordre, des personnels de l’Éducation nationale et des lycéens.

Des lycéens dénoncent aussi des violences policières

Le volet le plus sensible concerne désormais les conditions dans lesquelles certains adolescents ont été interpellés.

Six avocats intervenant auprès de lycéens placés en garde à vue ont annoncé avoir déposé des plaintes et saisi l’Inspection générale de la police nationale. Ils demandent que les responsabilités soient établies.

À Saint-Denis, les avocats rapportent notamment le témoignage d’un adolescent de 15 ans qui affirme être arrivé au commissariat avec le visage en sang. Selon son récit, il aurait été maintenu au sol lors de son interpellation, puis frappé au commissariat. Les avocats évoquent également le cas d’un lycéen de 16 ans qui affirme avoir reçu un coup au niveau du foie puis une gifle.

Des accusations qui devront être vérifiées

Ces témoignages constituent des accusations et ne permettent pas, à eux seuls, d’établir les circonstances exactes des faits. C’est précisément l’objectif des plaintes et des saisines annoncées : permettre aux enquêteurs de vérifier les déclarations, les images disponibles et les conditions des interpellations.

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L’IGPN devra notamment déterminer si les gestes dénoncés ont réellement eu lieu et, le cas échéant, s’ils respectaient le cadre légal de l’intervention policière.

L’IGPN enquête aussi après un tir sur un lycéen

Un autre dossier est apparu dans le même contexte, mais il concerne cette fois le Val-d’Oise.

À Saint-Ouen-l’Aumône, un lycéen a été blessé au visage lors d’un blocus devant le lycée professionnel du Château d’Épluches. Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre un policier utilisant un lance-projectile de type Cougar. Le projectile a atteint l’adolescent au visage.

Le parquet de Pontoise a confirmé l’ouverture d’une enquête de l’IGPN après la diffusion de ces images. Le jeune homme a subi des blessures au visage et plusieurs dents auraient été cassées.

Cette affaire ne doit donc pas être confondue avec les accusations formulées par les avocats concernant les lycéens de Seine-Saint-Denis. Les deux dossiers interviennent dans le même mouvement de contestation, mais ils relèvent de lieux et de procédures distincts.

Une mobilisation appelée à se poursuivre

La contestation doit encore se poursuivre mardi 29 septembre. L’Union syndicale lycéenne a appelé à étendre les blocages à l’ensemble des lycées à l’occasion de la journée de mobilisation dans la fonction publique.

Le gouvernement a annoncé un renforcement de la sécurisation des établissements face aux risques de nouveaux incidents. De leur côté, les organisations lycéennes continuent de mettre en avant les revendications concernant les moyens accordés aux établissements.

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La journée à venir pourrait donc de nouveau placer les forces de l’ordre face à des groupes de lycéens mobilisés, alors que plusieurs enquêtes doivent désormais permettre d’établir précisément les circonstances des violences dénoncées.

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