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EN BREF — Prix pétrole +13% lundi matin. Brent 82$ (vs 72$ vendredi), WTI 72.DeˊtroitOrmuzfermeˊparIran.20. Détroit Ormuz fermé par Iran. 20% production mondiale bloquée. Armateurs suspendent passage. Analystes : 100 voire 120$ possible. OPEP+ +206K barils/jour. Économie mondiale sous pression.
Une flambée brutale de 13% à l’ouverture des marchés
Lundi 2 mars à l’ouverture des marchés asiatiques, le baril de Brent (pétrole de la mer du Nord) a bondi de 13% pour atteindre 82 dollars. En effet, cette envolée spectaculaire reflète la nervosité extrême des opérateurs face à la guerre en Iran. Par ailleurs, le West Texas Intermediate (WTI) a grimpé de 8% à 72 dollars le baril.
Néanmoins, cette hausse survient après une semaine déjà tendue. Ainsi, vendredi 27 février, le Brent évoluait autour de 72 dollars. En effet, début janvier, le baril se négociait encore à 61 dollars. En conséquence, en deux mois, le prix a déjà grimpé de 35%.
Le détroit d’Ormuz, passage vital fermé par l’Iran
Le cœur du problème réside dans le détroit d’Ormuz. En effet, ce passage étroit entre l’Iran et Oman constitue une artère vitale du commerce pétrolier mondial. Ainsi, 20% de la production mondiale de pétrole transite quotidiennement par ce couloir : environ 20 millions de barils par jour.
Par ailleurs, samedi 28 février, les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé la fermeture du détroit. Néanmoins, quelques navires chinois et iraniens y seraient encore passés. En conséquence, le passage n’est pas totalement fermé, mais c’est presque comme s’il l’était.
De plus, le prix des assurances devient prohibitif. En effet, les principales compagnies maritimes ont confirmé suspendre le passage de leur flotte. Ainsi, Maersk, MSC et CMA CGM évitent désormais la zone.
Des prévisions alarmistes : 100 voire 120 dollars le baril
Les analystes s’attendent à une poursuite de la hausse. En effet, Amena Bakr, spécialiste de l’OPEP+ chez Kpler, prévoyait lundi matin des cours « entre 85 et 90 dollars ». Néanmoins, si le blocage du détroit perdure, les prix pourraient exploser bien au-delà.
Ainsi, Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy, avertit qu’une perte de « 8 à 10 millions de barils d’offre » est possible. Par ailleurs, Homayoun Falakshahi estime que les prix pourraient grimper « au-delà des 120 dollars » en cas de guerre prolongée.
De plus, Kirill Dmitriev, conseiller du Kremlin, imagine le baril « prochainement à plus de 100 dollars ». En effet, un tel niveau n’a pas été observé depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022.
L’OPEP+ augmente sa production face à la crise
Réagissant à la guerre en Iran, l’Arabie saoudite, la Russie et six autres membres de l’OPEP+ ont augmenté dimanche leurs quotas de production de 206 000 barils par jour. Néanmoins, cette hausse reste modeste face aux perturbations potentielles.
Par ailleurs, des infrastructures alternatives au Moyen-Orient peuvent contourner partiellement les flux d’Ormuz. Ainsi, l’oléoduc Est-Ouest vers la mer Rouge ou les routes depuis l’Irak offrent des solutions. En conséquence, l’impact net reste une perte de plusieurs millions de barils quotidiens.
Le « talon d’Achille » de Trump
Pour Donald Trump, cette flambée des prix constitue un problème politique majeur. En effet, le président américain a promis à son électorat des prix de l’énergie bas. Ainsi, Michelle Brouhard, analyste chez Kpler, estime que l’Iran cherche à maintenir hauts les prix pour faire plier Trump.
Par ailleurs, les États-Unis préparent les élections de mi-mandat en fin d’année. Néanmoins, des prix élevés à la pompe pourraient coûter cher politiquement au président. En conséquence, Trump est pris entre sa volonté de vaincre l’Iran et la pression de son électorat sur les prix de l’essence.